Biotope / Habitat
T. tricarinata habite la zone sublittorale et circalittorale, depuis le bas de la zone des marées (à partir de 5 à 10 m) jusqu'à plus de 200 m de profondeur.
Elle affectionne les fonds meubles à dominante sablo-vaseuse, les vases fines et les détritiques côtiers à faible courant.
L'animal vit habituellement enfoncé dans le sédiment avec un angle d'environ 10° par rapport à la surface, ne laissant dépasser que l'ouverture de sa coquille.
Elle ne présente pas de variation saisonnière marquée quant à son occupation du milieu.
Cette espèce sédentaire et endogée passe de longues périodes immobile, enfouie dans la vase. Il s'agit d'un mollusque microphage et filtreur (suspensivore). Grâce aux cils vibratiles de sa cavité palléale, l'animal crée un courant d'eau continu permettant d'aspirer les particules organiques et le phytoplancton en suspension, piégés ensuite dans un mucus réticulaire alimentant le tractus digestif. Pour éviter l'engorgement de sa cavité par les sédiments vaseux, la bordure du manteau possède un rideau de tentacules pennés filtrant les particules trop grossières.
La reproduction est gonochorique (mâles et femelles distincts). La fécondation est interne et la ponte s'effectue au printemps et en été sous forme de petites capsules gélatineuses fixées aux grains de sable, d'où éclosent des larves véligères planctoniques.
T. tricarinata est capable de constituer de véritables « faciès à Turritelles », atteignant parfois des densités de plusieurs centaines à milliers d'individus par mètre carré sur les fonds de vase. Son système de filtration par tentacules ramifiés au bord du manteau constitue une adaptation anatomique d'une grande précision contre l'envasement.
Pour le plongeur, l'observation de l'animal vivant demande une inspection très attentive des fonds vaseux ou sablo-vaseux calmes, où seul le sommet de la coquille ou le siphon affleure. Les coquilles vides sont très fréquemment réoccupées par des bernard-l'ermite ou colonisées par des bryozoaires incrustants.


