Possible confusions
- Rissoa parva : taille similaire (jusqu'à 5 mm). Se différencie par la présence constante d'une tache brune en forme de virgule ("falciform mark") sur sa varice labiale, l'absence de teinte lilas sur le péristome, sa protoconque à 3 ou 4 tours, la ligne interne des tentacules blanche opaque (et non jaune vif), son mufle blanchâtre non bifide et une large bande sombre sous la sole du pied.
- Rissoa guerinii : plus grande (jusqu'à 6 mm de haut). Ses tours de téléoconque sont nettement plus bombés, ses côtes axiales sont plus puissantes, et le rebord de son ouverture n'est pas teinté de lilas (bien qu'une nuance lilas-brun puisse tapisser le fond de la gorge). La ligne interne de ses tentacules est d'un jaune fragmenté.
- Rissoa violacea : taxon très proche, souvent considéré comme synonyme senior ou espèce jumelle. R. violacea se distingue par des côtes axiales se prolongeant de manière continue jusqu'au bout du dernier tour et une absence de sculpture alvéolée régulière en grille du périostracum.
- Pusillina inconspicua : coquille de taille comparable mais lisse, translucide et très mince, totalement dépourvue de côtes axiales nettes, sans teinte lilas à l'ouverture et sans ligne jaune vif dans les tentacules.
Biotope / Habitat
Rissoa lilacina vit depuis le bas de la zone intertidale (marées de vives-eaux) jusqu'à environ 20 mètres de profondeur. Elle affectionne les eaux à salinité marine normale (supérieure à 21 ‰) et s'installe dans les milieux abrités tels que les lagunes côtières et les baies.
Elle se rencontre principalement sur les herbiers de zostères (Zostera) et sur les algues dressées (comme Treptacantha nodicaulis) fixées sur des cailloux ou rochers au sein de fonds sableux.
L'espèce est présente tout au long de l'année.
Déplacement : l'animal glisse sur le substrat grâce au mucus sécrété par sa glande pédieuse antérieure. Sa glande pédieuse postérieure produit un mucus qui durcit au contact de l'eau de mer pour former des fils d'ancrage solides, lui permettant de se suspendre ou de grimper le long des frondes algales. Un sillon transversal au tiers antérieur du pied facilite les flexions et rotations.
Alimentation : elle broute le film biologique (diatomées, microphytes, débris organiques) déposé sur les feuilles de zostères et les algues au moyen de sa radula. Ses déjections prennent la forme de petites pelotes fécales ovales brun-orange.
Prédation : elle subit une forte pression de prédation par les crabes, ce qui se traduit fréquemment par des coquilles cassées au niveau du péristome.
Pour le plongeur, l'observation demande d'examiner attentivement à la loupe le feuillage des zostères et les crampons d'algues en zone calme. Les critères majeurs à ne pas manquer lors d'une immersion sont le mufle bifide jaune vif et les lignes tentaculaires jaunes.
Distribution
L'espèce est distribuée dans l'Atlantique Nord-Est, depuis les îles Lofoten (Norvège) jusqu'à la Méditerranée. Elle est toutefois absente de la mer Baltique intérieure et de la majorité de la mer du Nord.
En Grande-Bretagne et en Irlande, elle est bien représentée sur les côtes sud et ouest, mais absente de la façade Est.
En France, elle est présente sur l'ensemble des côtes de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée.
L'aire de répartition est stable, bien qu'elle ait subi une régression historique suite au déclin des herbiers de zostères dans les années 1930.