Possible confusions
- Entodesma navicula : espèce de taille et de milieu comparables, mais qui se distingue par son périostracum sombre et rugueux, son intérieur de coquille très nacré et rosé, son ligament interne, une ligne palléale continue et des siphons courts sans pointe rouge.
- Petricola carditoides / Petricola pholadiformis : ces bivalves nidifiants ou perforants possèdent des dents cardinales très développées et persistantes à l'état adulte, des siphons teintés de violet (et non de rouge cramoisi) ainsi qu'une sculpture radiale bien visible sur la coquille.
- Pholade blanche Barnea candida : coquille plus grande (jusqu'à 60 mm), plus fine, arborant une sculpture en lime avec des épines antérieures et des pièces calcaires accessoires (protoplax). Ses siphons sont jaunâtres/blancs sans coloration rouge.
- Protothaca staminea : présente une sculpture croisée (radiale et concentrique), 3 dents cardinales à la charnière ainsi qu'un sinus palléal profond et une ligne palléale continue.
- Panopea abrupta : bivalve fouisseur de taille considérablement plus grande (jusqu'à 200 mm) vivant enfoui profondément dans les sédiments meubles, doté d'une ligne palléale continue et de siphons extrêmement longs.
Biotope / Habitat
L'espèce est benthique, sténohaline (sensible aux fortes baisses de salinité qui font chuter son rythme cardiaque) et sédentaire.
On la rencontre depuis la zone intertidale jusqu'à 120 mètres de profondeur (et occasionnellement dans le domaine bathyal au-delà de 800 m), avec une densité maximale observée vers 20 mètres de profondeur dans les fjords arctiques.
Elle colonise les cavités complexes : anciens trous de pholades, fissures rocheuses, crampons de grandes algues (laminaires), grappes de moules (Mytilus), pieux en bois et coques de navires.
Elle est également capable de perforer des roches tendres ou de la marne, un creusement réalisé de manière purement mécanique et sans sécrétion chimique d'acide. Elle est observable en plongée tout au long de l'année.
Hiatella arctica est un organisme filtreur suspensiivore. Grâce à ses siphons, elle aspire l'eau pour capturer le phytoplancton (comme Phaeodactylum tricornutum ou Rhodomonas baltica) et les particules organiques en suspension.
Pour le plongeur : C'est le petit "nez rouge" (red nose en anglais) formé par la pointe de ses siphons qu'il faut guetter dans l'obscurité des failles rocheuses ou sous les crampons de laminaires. Les siphons se rétractent instantanément dès qu'une ombre ou un mouvement d'eau brutal est détecté.
Distribution
Hiatella arctica possède une distribution circumpolaire et cosmopolite dans les eaux froides et tempérées de l'hémisphère Nord (Arctique, Atlantique Nord, Manche, Golfe de Gascogne, Méditerranée et Pacifique Nord).
Des analyses génétiques récentes ont toutefois révélé que sous la dénomination Hiatella arctica se dissimule en réalité un complexe d'espèces cryptiques regroupant au moins 13 lignées génétiques distinctes, évoluant parfois en sympatrie.
En France et en Europe, sa présence est historique et stable.