Les confusions possibles
- Littorina arcana :
Coquille et coloration de la tête identiques à L. saxatilis. Différenciation : Femelle ovipare (présence d'un oviducte palléal avec glande de l'albumine, de la capsule et de la gelée ; absence de poche d'incubation avec embryons). Pénis mâle à filament régulier sans mucron terminal. Absente des marais salants.
- Littorina compressa :
Différenciation : côtes spirales plates en forme de rubans séparées par de fins sillons profonds. Lèvre columellaire blanc pur. Filament pénien très court et triangulaire (5 % de la longueur du pénis). Espèce ovipare.
- Sentinelle des rochers Melarhaphe neritoides :
Différenciation : coquille lisse recouverte d'un périostracum brun-noir. Intérieur de l'ouverture brun foncé à noir. Longs tentacules sombres traversés par une fine ligne claire médiane. Vit plus haut sur le rivage.
- Jeunes bigorneaux Littorina littorea :
Différenciation : côtes spirales étroites et tranchantes. Lèvre columellaire blanc pur vitreux. Lignes transversales sur les tentacules (absence de lignes longitudinales). Espèce ovipare.
- Tectarius striatus : très proche, l'espèce est très commune aux Acores et aux Canaries.
Biotope / Habitat
Pendant les phases d'exondation (marée basse) ou de forte sécheresse, l'animal entre en quiescence, accroché au rocher par un film de mucus desséché, l'opercule hermétiquement clos. Il redevient actif lors des immersions ou par temps très humide (pluie, embruns nocturnes).
L'animal vit dans le haut de la zone intertidale et la frange supralittorale (associée à Pelvetia canaliculata, Fucus spiralis, Hydropunctaria maura, Lichina pygmaea et aux balanes).
Il réside dans les fissures rocheuses retenant l'humidité, sous les blocs, sur le béton, mais aussi dans les marais salants et estuaires.
L. saxatilis est un herbivore brouteur : à l'aide de sa radula, il racle les micro-algues, les diatomées, les détritus organiques et les films bactériens fixés sur la roche.
Tolérances environnementales : euryhaline, l'espèce supporte des salinités très faibles (jusqu'à 5 ‰) comme des salinités très élevées.
Grande résistance à l'émersion, à la dessiccation et au gel (survit à -9,4 °C pendant plus de 27 heures).
L'espèce est une espèce modèle pour l'étude de la spéciation et de l'évolution. En l'absence de phase larvaire planctonique dispersionnelle, les populations adaptent très rapidement leur taille, leur épaisseur de coquille et leur couleur à leur micro habitat (résistance aux vagues sur les parois exposées versus résistance à la prédation par les crabes dans les zones abritées).
Pour le plongeur ou le naturaliste marin, cette espèce ne s'observe pratiquement jamais en immersion de plongée bouteille, car elle vit au-dessus ou au niveau de la ligne des hautes mers. C'est lors des prospections à pied à marée basse ou en randonnée palmes-masque-tuba en frange de surface qu'elle révèle toute la richesse de ses formes et de ses coloris.
Distribution
L'espèce présente une vaste distribution dans tout l'Atlantique Nord.
En Europe, elle est observée depuis l'Arctique et la Scandinavie jusqu'au nord de la péninsule Ibérique, en passant par la mer du Nord, la Manche et les îles Britanniques.
On la retrouve également sur la côte est de l'Amérique du Nord.
En France, elle est extrêmement commune sur l'ensemble des littoraux de la mer du Nord, de la Manche et de l'Atlantique.
Son aire de répartition est stable, bien qu'elle présente une forte structuration génétique locale.