Fiche espèce

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Moule de Méditerranée

Mytilus galloprovincialis Lamarck, 1819

AnimauxMollusquesBivalves (ou Lamellibranches)
Célèbre pour garnir les casseroles de marinières et les étals des poissonneries, la moule méditerranéenne est aussi une grande voyageuse : accrochée clandestinement aux coques des navires grâce à des fils de soie biologiques d'une résistance exceptionnelle, elle a réussi à quitter ses eaux natales pour coloniser les côtes des cinq continents ! Description observable à l'oeil nu Dimensions : la taille moyenne s'établit entre 5 et 10 cm, même si certains individus évoluant dans des conditions très favorables peuvent dépasser 14 cm de longueur. Couleur externe : la surface extérieure de la coquille arbore une teinte bleu-noir à violacée, virant parfois au brun foncé brillant chez les sujets plus jeunes. Sculpture du test : la coquille est lisse en apparence mais laisse apparaître de fines stries de croissance concentriques. Elle est fréquemment colonisée par de petites balanes, des vers tubicoles ou des algues. Intérieur des valves : la face interne présente une texture nacrée aux reflets blanchâtres, bleutés ou violets, bordée par une marge périphérique sombre. Caractères et clés d'identification Crochet (umbo) pointu et incurvé : la pointe antérieure de la coquille s'oriente légèrement vers le bas, conférant à la ligne basale/ventrale un profil concave. Bord du manteau sombre : la bordure interne des tissus mous visibles à l'ouverture des valves affiche une teinte allant du bleu nuit au violet foncé. Contour cunéiforme (en forme de coin ou de goutte) : la coquille présente une bordure antérieure raide et rectiligne tandis que le bord postérieur forme un arc arrondi et évasé. Plaque charnière ramassée : l'articulation interne entre les deux valves est relativement courte par comparaison à d'autres espèces du même genre. Empreinte musculaire postérieure décalée : la cicatrice laissée par le muscle adducteur à l'intérieur du test se situe très en arrière de la coquille. Symétrie équivalente : les deux valves sont d'égales dimensions et parfaitement miroirs l'une de l'autre, bien que chaque valve soit elle-même dissymétrique.

Les confusions possibles

- La moule commune / de bouchot Mytilus edulis : Le crochet de M. edulis est plus droit (non recourbé vers le bas) et le bord de son manteau varie du jaunâtre au brun clair. L'hybridation naturelle entre les deux espèces sur les côtes atlantiques produit de nombreux individus intermédiaires qu'il est impossible de distinguer sans séquençage génétique. - La moule du Pacifique Mytilus trossulus : Sa coquille est plus fine, plus aplatie et moins étirée. Elle coexiste et s'hybride avec M. galloprovincialis dans le Pacifique Nord. - La grande modiole Modiolus modiolus : Le crochet n'est pas situé à l'extrémité pointue de la coquille mais légèrement en retrait. Le périostracum externe porte souvent de longues soies "pilosités" bien visibles.

Biotope / Habitat

Milieu de vie : c'est un bivalve benthique et sessile fixant sa demeure sur les rochers, les structures artificielles (digues, pieux, coques de navires) ou les installations conchylicoles. On la retrouve principalement sur la zone intertidale (soumise au balancement des marées) ainsi que dans la zone infralittorale jusqu'à une quarantaine de mètres de profondeur. Ancrage et mode de vie : la moule méditerranéenne vit regroupée en bancs denses ("moulières"). Pour ne pas être emportée par la houle ou les courants violents, elle fabrique via sa glande byssogène de nombreux filaments protéiques brunâtres d'une grande élasticité : le byssus. Régime alimentaire : Mytilus galloprovincialis est un organisme suspensionivore et filtreur. En générant un courant d'eau continu à travers ses siphons et ses branchies, elle capture le phytoplancton, les microparticules de matière organique en décomposition et le zooplancton microscopique. Impact environnemental : un seul individu peut clarifier jusqu'à plusieurs litres d'eau de mer par heure, contribuant activement au nettoyage de la colonne d'eau tout en concentrant parfois des bactéries ou toxines microalgales.

Distribution

Aire d'origine : l'espèce est indigène de l'ensemble du bassin méditerranéen, de la mer Noire et de la façade atlantique européenne (depuis la péninsule Ibérique jusqu'aux côtes de Bretagne et aux îles Britanniques). Zone d'introduction : considérée comme une espèce exotique envahissante dans de nombreux pays, elle s'est implantée sur les côtes du Pacifique Nord (Japon, Corée, Californie), en Afrique du Sud, en Australie et en Amérique du Sud.

Carte de distribution

Les zones géographiques (BioObs)

Méditerranée occidentaleMéditerranée - Mer d'AlboranMéditerranée orientaleAtlantique Nord-EstManche & Nord

Le type d'observation

Plongée en scaphandreApnée / PMTEstran / Rivage

Les autres noms communs

  • Moule de Provencefrançais (France)
  • Moule du Midifrançais (France)
  • Moule d'Espagnefrançais (France)
  • Mittelmeer-Miesmuschelallemand (Allemagne)
  • Galician musselanglais britannique
  • Padstow musselanglais britannique
  • Mediterranean musselanglais britannique
  • Bay mussel anglais britannique
  • Musclo de roca (Catalan)espagnol d’Espagne
  • Mocejone espagnol d’Espagne
  • Mejillón mediterráneoespagnol d’Espagne
  • Cozzaitalien (Italie)
  • Mitilo comuneitalien (Italie)
  • Musculoitalien (Italie)
  • Peozzoitalien (Italie)
  • Diepwatermosselnéerlandais (Pays-Bas)
  • Krombekmossel néerlandais (Pays-Bas)
  • Middellandse Zee-Mosselnéerlandais (Pays-Bas)

Les autres noms scientifiques non-valides

  • Mytilus dilatatus J. E. Gray, 1825
  • Mytilus edulis diegensis Coe, 1945
  • Mytilus edulis galloprovincialis Lamarck, 1819
  • Mytilus edulis zhirmunskii Scarlato & Starobogatov, 1979
  • Mytilus fischerianus Tapparone Canefri, 1874
  • Mytilus flavus Poli, 1795
  • Mytilus galloprovincialis angustata R. A. Philippi, 1836
  • Mytilus galloprovincialis falcata Monterosato, 1884
  • Mytilus glocinus Locard, 1889
  • Mytilus hesperianus Lamarck, 1819
  • Mytilus lamarckianus Clessin, 1887
  • Mytilus obesus Reeve, 1858
  • Mytilus orbicularis Pallary, 1903
  • Mytilus pelecinus Locard, 1889
  • Mytilus sagittatus Poli, 1795
  • Mytilus succineus Danilo & Sandri, 1856

Liens vers les fiches de nos partenaires

INPN — Mytilus galloprovincialisGBIF — Mytilus galloprovincialis

Les sources

Comment citer cette fiche BioObs ?

BioObs, 07/08/2026 : Mytilus galloprovincialis Lamarck, 1819, https://bioobs.fr/fiches-especes/300

Historique des modifications

  • Modification : Pascal COATNOAN le 04/08/2026

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