Les confusions possibles
Fausse pholade (Petricolaria pholadiformis) : espèce introduite présentant une forme nettement plus allongée et étirée (similaire à une pholade), avec des côtes scabreuses particulièrement fortes et épineuses sur la partie antérieure, alors que P. lithophaga a une forme plus ronde et ovale.
Datte de mer (Lithophaga lithophaga) : moule lithophage méditerranéenne au test très allongé, cylindrique et lisse, de couleur brun foncé à marron brillant, dépourvue des côtes radiales fines caractéristiques de P. lithophaga.
Pholade blanche (Barnea candida) et Pholade dactyle (Pholas dactylus) : pholades possédant des plaques calcaires accessoires sur le dos de la coquille (testes) et une charnière dépourvue de dents vraies, contrairement à la pétricole qui possède une charnière typique de bivalve vénéridé.
Hiatella rugosa : coquille également polymorphe et déformée, mais reconnaissable à ses siphons rouges ou orangés très voyants et à deux carènes anguleuses parfois épineuses chez les jeunes individus.
Biotope / Habitat
La pétricole lithophage est un organisme endolithe qui fréquente préférentiellement les roches tendres à calcarifères (calcaire, marne, craie, grès argileux compact).
On la rencontre également encastrée dans des blocs de coralligène mort ou de vieilles coquilles d'huîtres épaisses.
Il s'installe depuis le bas de la zone intertidale (estran) jusqu'à l'étage infralittoral, généralement entre 0 et 30 mètres de profondeur. Sa présence est permanente toute l'année.
Une fois la larve fixée sur la roche, la pétricole s'enfonce progressivement en combinant le grattage mécanique au moyen du bord de ses valves et l'action chimique de sécrétions acides.
Le trou s'élargit au fur et à mesure de sa croissance, formant une loge dont l'ouverture extérieure demeure plus étroite que le corps du bivalve, le protégeant contre les prédateurs. C'est un organisme suspensivore et filtrant : elle déploie ses deux siphons vers l'extérieur pour inhaler l'eau de mer, retenir le phytoplancton et les microparticules organiques en suspension, puis rejeter l'eau filtrée.
La pétricole lithophage fait partie des rares bivalves capables de modifier physiquement la géomorphologie côtière. En creusant des milliers de cavités dans les bancs rocheux calcaires, ces bivalves fragilisent la roche, accélérant l'érosion côtière naturelle. Une fois la pétricole morte, les trous laissés vacants deviennent d'inestimables refuges de substitution pour de nombreuses petites espèces de la faune littorale (anémones, petites ophiures, crabes et vers polychètes), jouant ainsi un rôle d'ingénieur d'écosystème.
Distribution
L'espèce possède une large distribution géographique.
Elle est bien établie le long des côtes de l'océan Atlantique Nord-Est (depuis les îles Britanniques et la mer du Nord jusqu'au Sénégal et au Cap-Vert) ainsi que dans l'ensemble du bassin méditerranéen et en mer Noire.
Sur le littoral français, elle est présente aussi bien sur la façade atlantique, en Manche, qu'en Méditerranée. Son aire de répartition est considérée comme stable et autochtone dans ces régions.