Les confusions possibles
En raison de sa petite taille et de sa forme, elle peut être confondue avec d'autres bivalves des fonds sableux :
- La telline striée Fabulina fabula : C'est l'espèce la plus proche visuellement. Elle s'en distingue par la présence de fines stries obliques (diagonales) sur sa valve droite, visibles à l'oeil nu en jouant avec la lumière, tandis que les valves de M. tenuis sont totalement lisses.
- La telline de la Baltique Macoma balthica : Sa coquille est nettement plus arrondie, moins allongée, et son aspect est souvent plus mat, calcaire ou crayeux que la surface brillante de M. tenuis.
- La donace des canards Donax vittatus : bien qu'elle occupe le même milieu, sa coquille est plus épaisse, plus nettement asymétrique (très tronquée à l'arrière) et surtout, le bord interne de ses valves est crénelé (dentelé), contrairement à celui de M. tenuis qui est lisse.
Biotope / Habitat
Macomangulus tenuis est une espèce strictement inféodée aux fonds de sables fins et propres, parfois légèrement vaseux.
On la retrouve principalement dans la zone intertidale (l'estran, qui découvre à marée basse) ainsi que dans la zone infralittorale peu profonde, généralement jusqu'à 10 ou 15 mètres de profondeur.
Elle vit enfouie à quelques centimètres sous la surface du sédiment, préférentiellement dans des zones modérément battues par les vagues ou les courants. Elle est présente toute l'année.
C'est un mollusque fouisseur qui passe la quasi-totalité de sa vie adulte enfoui. Son alimentation est dite "dépositivore" : à marée haute, il déploie un long siphon inhalant très mobile à la surface du sable pour aspirer les particules organiques et les micro-algues déposées sur le fond, agissant comme un petit aspirateur. Il peut également filtrer l'eau en suspension.
Ses siphons charnus constituent une proie de choix pour de nombreux poissons plats et oiseaux limicoles qui les "broutent" à la surface du sable.
Distribution
Son aire de répartition mondiale s'étend sur l'Atlantique Est. Elle est commune depuis les côtes de la Norvège jusqu'à celles du Maroc, incluant la mer du Nord et la Manche.
En France, elle est très fréquente sur les façades de la Manche et de l'Atlantique. Sa présence en Méditerranée est documentée, bien qu'elle y côtoie d'autres espèces très proches qui rendent son recensement complexe.
L'aire de répartition de l'espèce est actuellement considérée comme stable.