Les confusions possibles
- Palourde rose Polititapes rhomboides : de taille supérieure (jusqu'à 60 mm), sa coquille est plus allongée, plus épaisse, très luisante, arborant des teintes souvent rosées ou fauves avec des rayons roses ou brunâtres, et présente une sculpture concentrique plus effacée.
- Palourde poulette Venerupis corrugata : s'en distingue par des rides concentriques beaucoup plus fortes, marquées, sinueuses et parfois irrégulières, ainsi que par une coquille à bord postérieur plus anguleux.
- Palourde croisée d'Europe Ruditapes decussatus : présente une sculpture nettement décussée (en quadrillage) liée au croisement de stries concentriques et de stries radiales bien visibles, ainsi que des siphons entièrement séparés.
- Palourde japonaise Ruditapes philippinarum : possède de fortes côtes radiales très proéminentes, une coquille plus renflée, un sinus palléal plus court et des siphons séparés dans leur partie terminale.
Biotope / Habitat
Espèce infauniale vivant enfouie dans le sédiment entre 2 et 10 cm de profondeur. Elle affectionne les fonds meubles riches en fraction fine : sédiments sablo-vaseux, vases gravelleuses, et tout particulièrement les herbiers de phanérogames marines (Zostera marina, Zostera noltei en Atlantique et Maniche ; Posidonia oceanica en Méditerranée).
Son amplitude bathymétrique s'étend depuis le bas de la zone intertidale jusqu'à une quarantaine de mètres de profondeur dans l'étage infralittoral.
Organisme suspensivore microphage. Bien enfouie sous le substrat, la palourde dorée maintient un contact avec l'eau de surface en déployant ses deux siphons courts. Le siphon inhalant aspire l'eau chargée de phytoplancton, de bactéries et de particules organiques en suspension, qui sont filtrées au niveau des branchies (cténidies), tandis que le siphon exhalant rejette l'eau filtrée et les pseudo-fécès.
La palourde dorée se caractérise par un polymorphisme de couleur exceptionnel : au sein d'un même échantillonnage, il est rare de trouver deux individus arborant des motifs et nuances identiques. Pour le plongeur ou le randonneur palmé, ce coquillage est difficile à débusquer car totalement enfoui au pied de la végétation marine. Le détail d'observation à ne pas manquer sous l'eau est la présence des deux minuscules orifices siphonnaux affleurant à la surface du sable, cerclés de couronnes tentaculaires vivement pigmentées de jaune doré.
Distribution
L'espèce possède une large aire de répartition en Atlantique Nord-Est, s'étendant du sud de la Norvège et des îles Britanniques jusqu'aux côtes du Sénégal.
Elle est également très commune sur l'ensemble du bassin méditerranéen ainsi qu'en mer Noire.
L'aire de répartition est considérée comme stable sur les littoraux européens, bien que sa densité locale dépende étroitement de la préservation des herbiers de zostères et de la pression de pêche à pied.