Les confusions possibles
- Bucarde tuberculée Acanthocardia tuberculata : possède 18 à 22 côtes radiales beaucoup plus épaisses, portant de lourds tubercules émoussés et arrondis (non épineux), avec une coquille nettement plus solide et lourde.
- Cardium épineux Acanthocardia echinata : arbore 18 à 23 côtes radiales armées d'épines pointues reliées entre elles à leur base par une carène longitudinale continue, alors que chez A. paucicostata, les épines sont disjointes et les côtes sont au nombre de 16 à 18.
- Bucarde de Deshayes Acanthocardia deshayesii : espèce méditerranéenne présentant 18 à 20 côtes avec des tubercules plus petits et réguliers, et une forme générale plus arrondie.
- Petite bucarde Parvicardium exiguum : taille adulte bien plus réduite (rarement plus de 10 à 15 mm), coquille asymétrique et anguleuse avec un nombre élevé de petites côtes garnies de tubercules écailleux.
Biotope / Habitat
La bucarde mal côtelée affectionne les fonds meubles subtidaux, de l'étage infralittoral jusqu'à l'étage circalittoral.
On la rencontre habituellement entre 5 et 100 mètres de profondeur, plus fréquemment entre 10 et 40 mètres. Elle vit enfouie à faible profondeur dans les sédiments meubles : sables fins, sables vaseux, vasières et graviers enlisés.
L'espèce est présente toute l'année sans migration saisonnière apparente.
La bucarde mal côtelée est un organisme benthique endofaunique capable de s'enfouir rapidement dans le sédiment grâce à son pied musculaire puissant et coudé. Elle maintient un contact avec l'eau de surface via deux siphons courts et ciliés, ornés de papilles sensorielles. C'est un filtreur suspensivore : elle aspire l'eau ambiante par son siphon inhalant pour retenir le microphytoplancton et la matière organique en suspension sur ses branchies (cténidies), avant de rejeter l'eau filtrée par le siphon exhalant.
Malgré sa coquille fine, la bucarde malcôtelée dispose d'un pied très développé et musclé, capable de se détendre brusquement pour faire faire à l'animal de véritables « sauts » sur le fond marin lorsqu'elle est dérangée par un prédateur (comme une étoile de mer). Pour le plongeur, l'observation en immersion se limite le plus souvent aux deux ouvertures siphonales affleurant à la surface du sable, souvent bordées de petits tentacules très sensibles à la lumière et aux vibrations. En cas de prospection visuelle sur le sédiment, le point clé à ne pas rater est la double empreinte étoilée des siphons au ras du substrat.
Distribution
L'aire de répartition s'étend sur une grande partie de l'Atlantique Nord-Est, depuis les côtes méridionales de la mer du Nord et de la Manche jusqu'aux archipels macaronésiens (Canaries, Madère) et le long du littoral ouest-africain.
Elle est très commune sur l'ensemble du bassin méditerranéen ainsi qu'en mer Noire.
En France, l'espèce est répertoriée le long de la façade atlantique, en Manche et sur la côte méditerranéenne (incluant la Corse). Son aire de répartition apparaît stable.