Les confusions possibles
- Bivalve lentille de Méditerranée Lentidium mediterraneum : possède une coquille plus petite (5 à 8 mm) et nettement plus allongée horizontalement. Ses valves sont beaucoup moins renflées et sa sculpture concentrique est bien plus fine.
- Sphenia binghami : coquille également inéquivalve, mais de forme très irrégulière et déformée en raison de son mode de vie nidicole (dans des trous de roches ou crampons d'algues), contrairement au contour constant de V. gibba.
- Jeunes bivalves du genre Spisula ou Mactra : Coquilles de contour subtriangulaire, mais aux valves parfaitement identiques en forme et en taille (équivalves), sans la dissymétrie caractéristique de V. gibba.
- Kurtiella bidentata : coquille très mince, lisse, fragile et équivalve, dépourvue de grosses côtes concentriques et du périostracum brun épais.
Biotope / Habitat
Varicorbula gibba est une espèce benthique endogée qui vit légèrement enfouie dans la couche superficielle du sédiment.
Elle affectionne les fonds meubles constitués de vase, de sable vaseux dense, de limons ou de graviers contenant des éléments grossiers auxquels elle s'ancre.
Sa distribution bathymétrique s'étend de la zone infralittorale inférieure (dès la limite des basses mers) jusqu'à environ 140 à 200 mètres de profondeur dans l'étage circalittoral.
L'espèce est particulièrement tolérante à l'instabilité sédimentaire, au colmatage et aux baisses sévères de la teneur en oxygène.
Peu mobile et sédentaire, ce mollusque se maintient dans le sédiment en sécrétant un fil de byssus unique mais solide qui se fixe à un grain de sable ou à un débris coquillier enfoui.
Alimentation : Organisme filtreur suspensivore, Varicorbula gibba aspire l'eau via de courts siphons pour retenir le phytoplancton et les particules organiques en suspension.
Varicorbula gibba est reconnue par les scientifiques comme un indicateur biologique majeur de la santé des fonds marins. Grâce à sa résistance hors norme aux épisodes d'hypoxie (manque d'oxygène) et d'anoxie, ainsi qu'à sa capacité à supporter de forts taux de sédimentation et l'instabilité des fonds, elle est souvent la dernière espèce à survivre lors d'une crise dystrophique et la première à recoloniser le milieu après une mortalité benthique massive.
Pour l'observateur ou le plongeur, l'animal vivant est rarement aperçu en immersion en raison de son enfouissement dans la vase. L'intérêt d'observation repose sur le repérage de ses coquilles dans les laisses de mer ou à la surface des sédiments meubles. Le point clé à ne pas manquer lors de l'examen est l'emboîtement dissymétrique parfait de la petite valve gauche au sein de la grande valve droite enveloppée de son périostracum.
Distribution
Aire indigène : L'espèce est originaire de l'Atlantique Nord-Est (de la mer de Norvège et des îles Britanniques jusqu'aux côtes de l'Afrique de l'Ouest et à l'Angola), ainsi que de l'ensemble de la mer Méditerranée et de la mer Noire.
Elle est très commune sur toutes les façades maritimes françaises (Manche, Atlantique, Méditerranée).
Aire d'introduction : Varicorbula gibba a été introduite en Australie via les eaux de ballast des navires. Signalée pour la première fois dans la baie de Port Phillip (Victoria) en 1996, elle s'est ensuite établie dans l'estuaire du Derwent en Tasmanie (via le cabotage domestique) et a fait l'objet de détections ponctuelles à Port Adelaide (Australie du Sud).