Pour bien commencer l’année…
Après la mise en ligne du nouveau carnet en décembre 2025, deux évènements importants marquent ce mois de janvier :
- Le premier est le séminaire annuel de l’association les Amis de BioObs,
- Le second, tout aussi important, sont les Journées Techniques d’Echanges sur les espèces non indigènes (ENI) marines. Organisées à Sète par le CPIE Littoral Occitanie et l’OFB, plusieurs membres de l’équipes se sont déplacés pour suivre et participer aux échanges, en particulier sur l’apport de la plongée loisir aux sciences participatives pour les réseaux ALIEN.
Le Séminaire des amis de BioObs 2026
Notre séminaire annuel s’est déroulé courant janvier à Lyon, un week-end entre les membres (en présentiel ou distanciel) et les partenaires institutionnels pour échanger sur des projets en cours et à venir.
Le nouveau carnet de plongée
C’est sans surprise que le nouveau carnet mis en ligne a été longuement discuté : quelles doivent être ses prochaines évolutions, selon quelles priorités, … pour répondre à toutes vos attentes. Indépendamment, les avis sont unanimes :
- Sa mise en ligne a été réalisée sans anomalie,
- La migration de l’ensemble des données (observations et photos) a été réalisée sans perte de données,
- Ce nouveau carnet est très agréable à utiliser, sur PC mais aussi sur tous les smartphones (Android et IOS),
- Il cohabite avec le reste de l’application qui reste à « moderniser » progressivement,
- Cet outil est indispensable pour gérer ses observations naturalistes mais aussi dans le cadre des activités de formations des plongeurs bio.
Afin de répondre à toute demande ou question :
- Une adresse mail est à votre disposition : support [@] bioobs.fr,
- Des sessions de présentation (gratuites et en visio) sont (et seront) organisées, y compris à votre demande (par exemple, pour votre entourage).
Rappelons quelque unes des nouveautés apportées :
- L’invitation d’un membre d’une palanquée à rejoindre BioObs,
- La non-limitation du nombre de participants à un relevé d’observation (bien utile lors d’une randonnée palmée, d’une balade naturaliste sur l’estran ou d’une laisse de mer),
- Lors de la saisie d’un relevé, une liste d’espèces « au plus près » du site d’observation : le nombre d’espèces proposées reste ajustable mais cette liste est beaucoup plus pertinente qu’auparavant (ce qui optimise grandement le temps nécessaire pour remplir un relevé),
- Plusieurs « améliorations » concernant la photothèque (qui ne limite pas le nombre de photos partagées à chaque relevé) :
- Possibilités d’ajouter des « tags » sur chaque photo,
- Identification une même photo via une espèce, un habitat ou bien un déchet : ces 3 types d’identification ne sont pas exclusifs,
- Ajout d’un commentaire « bio » sur chaque photo,
- Identification d’une photo par n’importe quel membre de la palanquée (et non pas l’auteur uniquement comme par le passé : une demande formulée par de nombreux formateurs bio au cours des formations),
- La géolocalisation (sur smartphone uniquement) : très pratique lors d’une sortie estran, laisse de mer ou bien pour saisir une donnée opportuniste,
- La possibilité d’installer BioObs sur votre smartphone ou votre iPhone.
Les évolutions ont été priorisées, en particulier celles qui doivent être réalisées très prochainement :
- La finalisation du carnet de plongée via :
- La génération des carnets de plongées (classiques et naturalistes),
- La gestion des déchets,
- L’export de ses observations,
- La définition de ses « préférences » (zone géographique, type de relevé, équipement utilisé, ..),
- La page « statistiques ».
ALIEN eaux douces
Suite au séminaire 2025, un point étape sur ce projet a été réalisé :
- Les nouvelles fiches sont créées et illustrées,
- La liste des espèces candidates pour ce nouveau réseau reste à définir en relation avec les autres membres du réseau et la communauté scientifique, ceci au vu des objectifs de ce réseau, soit deux listes à définir :
- Une première, pour une approche « plongée » (scaphandre, PTM et apnée),
- Et la seconde pour une approche « pédestre » (berge).
La recherche d’une entité en charge d’animer ce réseau (comme c’est le cas de tous les réseaux ALIEN mer) est toujours en cours mais des candidats potentiels ont été identifiés et des premiers échanges ont eu lieu.
Dès que cette liste « ALIEN eaux douces » sera officialisée, un rapport supplémentaire sera ajouté sur la page « Synthèse des réseau ALIEN ».
Il est à noter que les indicateurs et tableaux de bord « ALIEN mer » qui sont présentés sur cette page sont actualisés pour tous les réseaux.
En synthèse
Pour l’année 2026, plusieurs projets vont se poursuivre mais c’est une autre histoire, car l’histoire de BioObs continue !
Journée d’Echanges Technique sur les ENI marines
A l’initiative du CPIE Littoral d’Occitanie et de l’OFB, les Journées nationales d’échanges techniques sur les Espèces Non Indigènes (ENI) marines se sont déroulées les 22 et 23 janvier dans la station IFREMER de Sète.
Coorganisées par le Réseau ALIEN Mer, le Centre de ressources Espèces exotiques envahissantes (OFB-UICN) et le CPIE Littoral d’Occitanie, plusieurs thèmes ont été abordés :
- La Directive Cadre et Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) et ses objectifs ont été rappelés puisqu’un « bon état écologique » du milieu marin permet de minimiser l’impact des ENI puisqu’il améliore la résilience d’un écosystème confronté à l’arrivée de nouvelles ENI,
- La biosécurité et les stratégies de communications autour de ces espèces et leurs impacts ont été ensuite développés
- Une sortie sur le terrain (le port de Sète) a été l’occasion d’aller à la recherche de ces ENI.
Comme l’indique l’histoire de BioObs, BioObs est l’un des deux dispositifs de Sciences Participatives répertorié pour l’élaboration du descripteur #2, Espèces Non Indigènes de la DCSMM (Le second dispositif de Sciences Participatives est BioLit).
Plus de 80 participants ont permis à un ensemble d’acteurs de la mer et du littoral d’horizons variés de se rencontrer et d’échanger ensemble sur les ENI marines (espèces concernées, réglementations, politiques…) mais aussi d’aborder les questions de la biosécurité et les stratégies de communication associées.
Concernant l’apport des sciences participatives par la plongée loisir, une présentation commune a été réalisée par :
- Annie LAFOURCADE (Instructrice nationale de la CNEBS) pour la FFESSM,
- François SICHEL (Président de l’association des Amis de BioObs) pour BioObs.
Au cours des échanges, l’importance du processus de validation a été mis en avant, en particulier, puisque les échanges entre les observateurs et les membres du projet participent à la formation des observateurs. A titre d’exemple, citons le projet DENIM qui utilise les données de BioObs.
Concernant la sortie sur le terrain, un « Rapid Assessment Survey » a été réalisé en allant gratter sur des pontons, rochers, bords de quai, … pour y détecter les espèces fixées, les identifier puis réaliser un relevé BioObs :
- Le Rapid Assessment Survey « RAS » (ou étude d’évaluation rapide), est une méthode de suivi des ENI semi-quantitative,
- Elle consiste à évaluer rapidement l’abondance relative majoritairement des espèces fixées sur un substrat dur au sein d’un site, souvent un port :
- A partir d’une liste d’ENI établie mais toujours ouverte,
- A pied depuis les pontons ou en plongée,
- 1h00 par plusieurs observateurs en même temps.
Son objectif est d’estimer l’abondance de chaque ENI présente sur la liste, à l’échelle du site d’étude et à parti d’une échelle semi-quantitatives : absence / rare / commune / abondante (échelle SACFORN adaptée).
Cette méthode permet d’obtenir des données semi-quantitatives et offre rapidement un bon aperçu des espèces introduites sur un site.
Sans surprise, plusieurs ENI ont observées dans le port de Sète et plusieurs relevés BioObs ont été réalisés :
- Dictyote d’Okamura (Rugulopteryx okamurae)
- Huître creuse (Magallana gigas)
- Bugule brune (Bugula neritina)
- Grande claveline (Clavelina lepadiformis)
- Ascidie plissée (Styela plicata)
Nous remercions et félicitons les organisateurs pour l’organisation sans faille de ces premières journées techniques consacrées aux ALIENs.
C’était sans aucun doute un événement majeur dans l’histoire des réseaux ALIEN, un rendez-vous qu’il ne fallait pas manquer et nous étions présents.
L’ALIEN du mois
Comme chaque mois, la Newsletter de BioObs vous propose de découvrir une nouvelle Espèce Non Indigène, une ENI. Pour mieux la connaitre et la reconnaitre.
Pour cette newsletter, voici une espèce que vous connaissez sans doute.
Styela clava, l’ascidie japonaise
Espèce exotique envahissante bien implantée sur les côtes françaises, Styela clava représente aujourd’hui un enjeu majeur pour la biodiversité marine et les activités conchylicoles.
Description
Styela clava, l’ascidie japonaise, est un tunicier solitaire de forme allongée, rappelant une massue. L’animal mesure généralement 12 à 15 cm, parfois jusqu’à 18 cm. Sa tunique épaisse, coriace et plissée, présente une coloration brune à brun marbré de blanc. Deux siphons rapprochés sont visibles à l’extrémité du corps :
- Un siphon buccal (inhalant), orienté vers le haut,
- Un siphon cloacal (exhalant), légèrement latéral.
Un pédoncule étroit occupant environ un tiers de la hauteur permet à l’ascidie de se fixer au substrat.
Habitat et écologie
Espèce strictement marine, S. clava vit fixée sur des substrats durs : coques de bateaux, pontons, roches, algues, coquilles d’huîtres ou de moules, gorgones, tubes de vers… Elle affectionne particulièrement :
- Les zones portuaires,
- Les milieux turbides,
- Les zones soumises à de forts courants,
- Les fonds de baie, estuaires et canaux.
Elle est présente depuis la zone intertidale inférieure jusqu’à 30 m de profondeur et peut même survivre quelques jours hors de l’eau en conditions très humides, par exemple, sur les estrans d’Atlantique N-E et de la Manche :
Répartition dans le monde
Originaire du Pacifique Nord-Ouest (Japon, Corée, Chine, Russie), S. clava s’est largement répandue grâce au transport maritime, notamment via les coques de navires. Elle est aujourd’hui présente :
- Dans tout l’hémisphère Nord,
- Sur les côtes européennes,
- Sur les côtes pacifiques et atlantiques de l’Amérique du Nord,
- Dans plusieurs régions de l’hémisphère Sud, dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Carte du site GIBF en date du 30 janvier 2026 sur la base d’une extraction de 13 378 occurrences.
Répartition en France
En France, l’espèce est bien implantée :
- En Manche,
- Sur les côtes de l’Atlantique Nord-Est,
- Dans plusieurs zones portuaires et conchylicoles.
Elle a été introduite accidentellement par voie maritime en Europe dans les années 1950 et s’est depuis étendue sur l’ensemble des côtes françaises exposées à la faveur des mouvements des bateaux et des transports d’huîtres et moules.
Carte du site GIBF en date du 30 janvier 2026 sur la base d’une extraction de 696 occurrences (dont 353 données « BioObs »).
Le graphe ci-dessous montre la répartition des observations à travers les données des réseaux ALIEN de BioObs et confirme l’importance des relevés principalement dans les réseaux Mer Normandie et Mers celtiques puis dans le Golfe de Gascogne.
Statut de l’espèce (ENI – Espèce Non Indigène)
S. clava est classée espèce exotique envahissante dans de nombreux pays européens. Son installation est facilitée par :
- Une grande capacité d’adaptation,
- L’absence de prédateurs naturels dans les zones colonisées,
- Une reproduction prolongée (4 à 10 mois selon la température),
- Une forte capacité de fixation sur les infrastructures humaines.
Impact sur les écosystèmes
S. clava est considérée comme un redoutable compétiteur :
- Elle entre en compétition directe avec les espèces indigènes, notamment les bivalves sauvages et cultivés,
- Elle peut former des densités très élevées, réduisant l’espace disponible pour d’autres organismes fixés,
- Elle alourdit les structures (coques, cordages, tables ostréicoles), augmentant les coûts d’entretien,
- En filtrant de grandes quantités d’eau, elle peut modifier les flux trophiques locaux.
Le contrôle de son expansion représente donc un enjeu écologique et économique important pour les zones littorales françaises.
Ressources
- Site BioObs: https://bioobs.fr/blog/fiche-espece/?id_espece=1203
- Site du GBIF : https://www.gbif.org/fr/species/2331942
- Site BioLit : BioLit_Fiche_espece_ASCIDIE-MASSUE.pdf
- Observatoire de la biodiversité de Bretagne : https://www.observatoire-biodiversite-bretagne.fr/especes-invasives/Faune-et-flore-marines/Faune-marine/L-ascidie-massue-Styela-clava
Les fiches-espèces de BioObs
A fin décembre 2025, le référentiel des fiches-espèce de BioObs proposait plus de 5 700 espèces avec :
- 5 075 espèces observées,
- 2 250 fiches documentées.
Un grand merci à tous !
Voici quelques-unes des nombreuses fiches créées au cours du mois de décembre : les reconnaissez-vous ?
- Orpin des marais (Crassula helmsii)
- Renouée de Bohème (Reynoutria × bohemica)
- Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis)
- Petite anémone encroûtante jaune (Parazoanthus franciscae)
- Escargot malais (Melanoides tuberculata)
- Gammare de Berillon (Echinogammarus berilloni)
- Gammare de Roesel (Gammarus roeselii)
- Gammare tigré (Gammarus tigrinus)
- Rissoella inflata (Rissoella inflata)
- Proasellus coxalis (Proasellus coxalis)
- Xanthe de Méditerranée (Xantho poressa)
- Maldague robuste (Choerodon robustus)
- Plumatelle buissonnante (Plumatella fruticosa)
- Epirine lippue (Pachychilon pictum)
- Saumon rose (Oncorhynchus gorbuscha)
- Cristivomer (Salvelinus namaycush)
- Umbre pygmée (Umbra pygmaea)
- Gobie periophtalme (Amblyeleotris periophthalmus)
- Syngnathe à double menton (Doryrhamphus bicarinatus)
- Tamarin de mer rouge (Hemigymnus sexfasciatus)
- Raie douce (Raja montagui)
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