La canicule océanique de l’été 2022

Une canicule océanique est un événement au cours duquel la température de la mer est anormalement chaude (plusieurs degrés Celsius au-dessus des normales de saison) et a un impact sur les écosystèmes marins se traduisant par des mortalités des espèces animales et/ou végétales. Ces canicules s’évaluent également en tenant compte de la durée de la surchauffe (au moins cinq jours consécutifs) et de la superficie maritime atteinte (elle peut survenir en pleine mer ou en zone côtière).

Depuis 1982, date des premières données fiables fournies par les satellites, les chercheurs CNRM (CNRS / Météo France) ont mise en exergue 29 épisodes de canicule entre 1982 et 2017 en méditerranée d’une durée moyenne de 20 jours et couvrant 40% de la surface de la mer. Ils notent également que les augmentations de température ne se font pas ressentir qu’en surface mais jusqu’à plus de 50 m de profondeur. Sur l’observation des décennies passées et sur les scénarios futurs de changement climatique, les canicules océaniques deviennent plus intenses, plus longues et plus étendues.

Malheureusement ces situations inhabituelles ont un impact non négligeable pour certaines espèces importantes et emblématiques de la Méditerranée comme la posidonie ou les gorgones. Elles peuvent affecter l’aire de répartition des espèces (migration) ou impacter les activités économiques (déclin des espèces péchées ou pertes en aquaculture).

A partir de mi-Aout 2022, un épisode de mortalité est rapporté dans certaines zones de Méditerranée (en même temps qu’il est constaté une élévation de la température de la colonne d’eau).

Ces phénomènes localisés peuvent évoluer avec une grande inertie et l’ensemble des conséquences négatives n’être connues qu’en fin de saison, lors du brassage des eaux et souvent sur le plus long terme par exemple pour les herbiers.

 

Comment participer au suivi des épisodes de mortalité massive ?

L’observation et le partage de ces désordres anthropiques est indispensable pour connaître et mieux quantifier l’impact de ces phénomènes climatiques. Alors, de manière comparable au suivi de la mortalité de la grande nacre, une modification a été apportée sur l’outil BioObs pour vous permettre de compléter vos observations sur quelques espèces, simples à identifier :

Exemple d’une espèce « SOS Mortalité et réchauffement climatique » lors d’un relevé d’observation

Vos observations, complétées par quelques informations et les photographies, peuvent aider à différents projets autour de l’état de santé de la Méditerranée et de ses écosystèmes.

Comment observer les effets du réchauffement climatique ?

Tout organisme vivant a une durée de vie limitée et son vieillissement fait partie intégrante de son cycle de vie. Cependant, ce processus peut être accéléré par différents stress conduisant à sa disparition.

Les gorgones pourpre (Paramuricea clavata) sont particulièrement sensibles aux anomalies thermiques estivales et les nécroses qu’elles peuvent présenter facilement visibles (absence de polypes sur tout ou partie des rameaux).

Les photos suivantes illustrent comment l’état de santé peut être observé (et signalé): gorgone totalement nécrosée, partiellement nécrosée ou en bonne santé :

Comment vos observations seront valorisées ?

Le principe retenu par l’équipe BioObs est celui de la libre circulation des données dans l’intérêt du public et de la science. Les observations collectées de manière bénévole constituent un « bien public » (ou un « bien commun ») à des fins d’amélioration de la connaissance et de la protection des milieux subaquatiques. De manière régulière, les données recueillies via ce formulaire seront transmises aux organismes scientifiques en charge de l’étude de ces épisodes.