Chapeau chinois Calyptraea chinensis BioObs
Chapeau chinois
Calyptraea chinensis
Auteur : François SichelPhoto prise le 11/03/2012 à Donville les Bains estran
Animaux
Mollusques
Gastéropodes à coquille unique : escargots subaquatiques et assimilés (ex. Prosobranches et Hétérobranches/Pulmonés)
Coquille arrondie en forme de chapeau chinois ou aplatie : berniques, patelles, fissurelles, ormeaux, crépidules,...
Description
Communément désigné sous le nom de « chapeau chinois », mollusque gastéropode benthique appartenant à la famille des Calyptraeidae (comme la crépidule). 1 ) Face dorsale La coquille est mince, fragile et affecte la forme d'un cône presque symétrique imitant un chapeau traditionnel asiatique. Le profil montre une face antérieure légèrement concave et une face postérieure convexe, une asymétrie subtile liée à l'enroulement interne initial. Chez les femelles adultes, la hauteur du cône s'élève en moyenne à 5 mm pour un diamètre d'ouverture presque circulaire oscillant entre 15 mm et 21 mm. Des individus particulièrement grands peuvent exceptionnellement atteindre un diamètre basal de 24 mm à 25 mm dans les eaux chaudes d'Andalousie ou d'Afrique australe. En revanche, les mâles fonctionnels, plus jeunes, n'excèdent pas un diamètre de 8mm. L'apex est situé de manière presque centrale (légèrement excentré). Il est aigu et surmonté d'une petite protoconque larvaire d'environ 1,5 tour de spire en forme de téton, bien que celle-ci soit fréquemment altérée ou complètement érodée chez les adultes plus âgés. La surface externe de la coquille est mate, de coloration blanc laiteux, crème ou jaunâtre pâle. Elle ne présente aucune sculpture radiale, arborant uniquement des stries de croissance spiralées, apparaissant avec le temps concentriques parallèles à la bordure de l'ouverture. Quelques irrégularités de croissance ou de minuscules tubercules disposés concentriquement peuvent parfois être observés selon les sinuosités du substrat sur lequel l'animal s'est développé. Un mince périostracum jaunâtre recouvre l'ensemble, bien qu'il soit souvent usé ou absent. 2 Face ventrale L'examen de la face ventrale révèle une ouverture circulaire parfaitement adaptée aux irrégularités du support rocheux. L'intérieur est lisse, porcelané, nacré et très brillant, parfois marqué de légères taches brunâtres diffuses. La moitié postérieure de la cavité est cloisonnée par un septum calcaire en forme de languette courbe ou de demi-coupelle oblique. Ce septum prend naissance de façon étroite au niveau de l'apex et s'élargit en décrivant un demi-tour de spire hélicoïdale (180°) pour se terminer à proximité immédiate du bord biseauté de l'ouverture. Cette structure rigide sert de point d'ancrage au muscle rétracteur pédieux et supporte directement la masse viscérale de l'animal. Les parties molles de l'animal, bien que largement abritées sous la coquille, sont observables en retournant le spécimen vivant. Le corps présente une coloration translucide blanc grisâtre, beige ou fauve, intensément tachetée de nombreuses granulations blanc opaque. La tête comporte un court museau bilobé, séparé par une étroite fente médiane qui s'élargit lors de la protraction de la radula. Les tentacules céphaliques possèdent une base cylindrique épaisse et lisse sur laquelle est implanté un oeil noir, prolongée par une moitié distale rugueuse, effilée et d'un jaune plus soutenu. Juste derrière chaque tentacule se dessine un lobe nucal plat en demi-cercle. Le pied est de forme ovale, bilamellé dans sa partie antérieure avec de courtes extensions podiales, tandis que sa sole présente une teinte blanchâtre translucide parsemée de marques blanches opaques visibles par transparence. Le manteau, qui tapisse l'intérieur de la coquille, présente des colorations similaires à celles du corps, agrémentées de marques orange.Confusions possibles
En raison de sa forme conique patelliforme générale, elle peut être confondue à l'oeil nu avec d'autres gastéropodes à coquille non spiralée ou modifiée. - Les patelles (Patella vulgata, Patella spp.) : Souvent appelées « chapeaux chinois » dans le langage populaire, elles s'en distinguent immédiatement par l'épaisseur de leur coquille robuste et l'absence totale de cloison ou septum calcaire interne. De plus, elles colonisent des biotopes rocheux beaucoup plus exposés et de plus haute altitude sur l'estran. - La crépidule (Crepidula fornicata : Espèce hautement invasive appartenant à la même famille des Calyptraeidae, elle possède également un septum calcaire interne. Cependant, sa coquille est nettement plus grande (jusqu'à 50 mm de longueur), de forme ovale, réniforme et fortement voûtée, avec un apex très excentré situé à l'extrémité postérieure. Les parties molles de la crépidule présentent des colorations sombres à noirâtres. Les individus vivent empilés les uns sur les autres en chaînes d'individus superposés, un comportement absent chez Calyptraea chinensis.Biotope / Habitat
Espèce strictement benthique et sédentaire, qui colonise les substrats durs au sein de zones meubles abritées, sableuses, graveleuses ou sablo-vaseuses. Elle vit solidement fixée sous les pierres, sur des cailloux ou à l'intérieur de valves vides de bivalves (tels que les genres Ruditapes ou Polititapes). Sa répartition bathymétrique s'étend depuis la limite inférieure de la zone intertidale (basses mers de vive-eau) jusqu'à des profondeurs infralittorales comprises entre 20 m et 70 m. L'un des comportements les plus notables de cette espèce réside dans sa gestion de l'envasement. Bien qu'elle soit fréquente dans les baies et estuaires sédimentaires, l'accumulation de particules fines présente un danger d'asphyxie et d'encombrement de sa cavité palléale. Pour pallier ce risque, l'animal sélectionne activement des positions surélevées par rapport au sédiment environnant, s'établissant par exemple au sommet de petites roches ou sur d'autres coquilles. L'animal adapte parfaitement la croissance de sa bordure aux sinuosités de son support. Une fois fixée, elle demeure immobile pendant de très longues périodes, limitant ses déplacements à de brefs trajets lors des périodes de reproduction. Elle figure parmi les rares gastéropodes marins à s'alimenter exclusivement par filtration active de particules en suspension, exploitant une niche trophique identique à celle des bivalves. Son régime alimentaire se compose de phytoplancton (diatomées et flagellés) et de débris organiques en suspension.Distribution
Son aire de répartition naturelle s'étend dans l'océan Atlantique Est, depuis le sud-ouest de la Norvège et les îles Britanniques jusqu'à l'Angola et le Gabon, englobant Madère, les Canaries et le golfe de Guinée. L'espèce est également présente en mer Méditerranée, en mer Égée, en mer de Marmara et en mer Noire, bien qu'elle y soit généralement moins abondante. Des populations isolées sont par ailleurs signalées dans la province du Cap-Oriental en Afrique du Sud. Il convient de noter que l'espèce présente des discontinuités géographiques marquées. Elle est notamment absente de la mer du Nord centrale et du bassin oriental de la Manche (notamment au niveau du Pas-de-Calais). En revanche, elle abonde dans le golfe Normano-Breton (on parle d'espèce sarnienne) et sur les côtes sud-ouest de l'Angleterre et du pays de Galles. En raison de son mode de développement direct sans phase larvaire pélagique libre, sa capacité de colonisation naturelle sur de longues distances est extrêmement réduite. Ainsi, son introduction sur la côte ouest de l'Irlande (baie de Galway, Strangford Lough) est d'origine anthropique. Elle résulte de transferts accidentels concomitants aux importations de naissains d'huîtres creuses d'élevage en provenance de gisements côtiers français. Les données d'observation indiquent que l'augmentation globale de la température de surface de la mer favorise une densification et une extension géographique de ses populations vers les limites septentrionales de son aire de répartition.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• SCOUPPE Christian, ZIEMSKI Frédéric<, MÜLLER Yves in : DORIS, 21/01/2021 : Calyptraea chinensis (Linnaeus, 1758), https://doris.ffessm.fr/ref/specie/2058
• WoRMS : MolluscaBase eds. (2026) MolluscaBase. Calyptraea chinensis (Linnaeus, 1758). Accessed through: World Register of Marine Species at: https://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&id=138961
• MarLIN : Skewes, M. 2003. Calyptraea chinensis Chinaman's hat. In Tyler-Walters H. and Hiscock K. Marine Life Information Network: Biology and Sensitivity Key Information Reviews, [on-line]. Plymouth: Marine Biological Association of the United Kingdom. [cited 17-05-2026]. Available from: Calyptraea chinensis
• Senckenberg Calyptraea chinensis
• Research Gate : Smith, Ian. (2023). Calyptraea chinensis (Linnaeus, 1758) Identification and Biology. 10.13140/RG.2.2.21314.35520. https://www.researchgate.net/publication/376415643_Calyptraea_chinensis_Linnaeus_1758_Identification_and_Biology
Les autres noms communs
• Allemagne : Chinesenhut • Espagne : Sombrero chino • France : Calyptrée • Royaume-Uni : Chinaman's hat • Royaume-Uni : Chinese cup and saucer • Royaume-Uni : Chinese hat • Pays-Bas : Chinees hoedje • Pays-Bas : Hoedjes • Portugal : Chapéu chinêsLes autres noms scientifiques (non valide)
• Calyptraea sinensis var. coralligena Pallary, 1900 • Calyptraea sinensis var. elliptica Pallary, 1900 • Calyptraea succinea Risso, 1826 • Patella muricata Brocchi, 1814 • Patella poli Scacchi, 1832
Auteur : Pierre CorbrionPhoto prise le 09/11/2019 à Les Haies de la Conchée
Auteur : Pierre CorbrionPhoto prise le 20/05/2020 à Marégraphe (Saint-Suliac)
11/03/2012
Historique des modifications
• Création : Jean-Pierre CASTILLO le 11/06/2023 • Modification : Pascal COATNOAN le 18/05/202618/05/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
