Lièvre de mer verruqueux Dolabrifera dolabrifera BioObs

Lièvre de mer verruqueux

Dolabrifera dolabrifera

Lièvre de mer verruqueux - Dolabrifera dolabrifera - Henri GRATEAU - BioObs Auteur : Henri GRATEAU
Photo prise le 16/01/2019 à Ponton

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Description

Si la plupart des lièvres de mer préfèrent nager en agitant leurs nageoires ou projeter un nuage d'encre violette pour s'échapper, Dolabrifera dolabrifera a choisi une tout autre stratégie : elle se colle fermement aux rochers, refuse d'émettre de l'encre violette et se déplace à la manière d'une sangsue ! Son camouflage est tellement poussé qu'on la prendrait facilement pour un simple morceau de roche couverte de microalgues. Description observable à l'oeil nu Taille : généralement comprise entre 3 et 8 cm, pouvant exceptionnellement atteindre environ 10 cm à pleine extension. Couleur et motif : la livrée est extrêmement polymorphe. Elle va du vert olive moucheté au brun chocolat, en passant par le beige, le rose, le marron ou l'orangé. De petites taches plus claires créent un motif de camouflage imitant la roche ou les algues encroutantes. Texture cutanée : le tégument est parsemé de petits tubercules denses portant de minuscules papilles rétractiles qui se résorbent à la conservation ou au toucher. Tête et structures sensorielles : elle possède deux paires d'appendices enroulés : des tentacules oraux à l'avant et deux rhinophores dressés vers le haut ressemblant à des oreilles de lapin. À la base des rhinophores se distinguent deux petits yeux noirs punctiformes. Pour identifier à coup sûr Dolabrifera dolabrifera, il convient de vérifier l'association des critères anatomiques suivants : Morphologie dorso-ventrale aplatie : Contrairement aux lièvres de mer classiques au corps haut et bombé, cette espèce est très affaissée sur le substrat. Profil élargi à l'arrière : le corps est évasé et arrondi dans sa partie postérieure, puis s'affine progressivement vers la tête. Parapodes fusionnés : les replis latéraux (parapodes) sont soudés sur la quasi-totalité du dos. Ils ne laissent qu'une fente étroite vers l'arrière d'où dépassent deux petites valves formant des siphons (inhalant et exhalant) alimentant la cavité palléale. Sillon spermatique visible : une ligne longitudinale claire longe le côté droit du corps, reliant la cavité génitale arrière à l'organe copulateur situé sous le tentacule buccal droit. Coquille interne réduite : la coquille n'est pas visible extérieurement ; elle est minuscule, calcaire et prend la forme d'un fer de hache (origine du nom de genre Dolabrifera, du latin dolabra, « hache »). Locomotion en « sangsue » : L'animal se déplace par arpentage : il ancre son disque pédieux postérieur, étire son cou vers l'avant, ventouse sa tête au rocher, puis ramène l'arrière de son corps. Contrairement à la plupart des aplysies qui déposent des écheveaux d'oeufs désordonnés évoquant un plat de spaghettis mélangés, la ponte de Dolabrifera dolabrifera est très structurée et reconnaissable. Elle prend la forme d'un ruban plat et étroit, de couleur translucide, blanchâtre à jaunâtre clair. Le ruban est soigneusement fixé par la tranche contre la paroi inférieure d'une roche ou d'un bloc de corail mort. Il est disposé en un zigzag géométrique régulier bien ordonné. Ce cordon protège des milliers de capsules renfermant les embryons, qui se développent avant de se libérer sous forme de larves nageuses (véligères).

Confusions possibles

- Dolabrifera brazieri : Espèce très proche mais nettement plus grande (jusqu'à 15 cm de long). Elle est couverte de grands tubercules coniques très visibles et lisses. Sa zone de présence est limitée aux eaux tempérées chaudes d'Australie orientale et de Nouvelle-Zélande. - Aplysies vraies (Aplysia spp.) : Les lièvres de mer du genre Aplysia (ex. Aplysia dactylomela) ont un corps plus haut, des parapodes larges et libres permettant parfois la nage en pleine eau, et expulsent un nuage d'encre violette en cas de menace. - Petalifera spp. : Ces petites aplysies sont beaucoup plus fines, translucides et vivent quasi exclusivement fixées sur les feuilles de phanérogames marines (posidonies ou zostères). - Lièvre de mer à oreille Dolabella auricularia : Espèce beaucoup plus grosse et lourde, caractérisée par un arrière du corps tronqué de façon oblique pour former un disque plat bien délimité. - Pleurobranches (Pleurobranchus spp.) : Bien que de forme parfois aplatie, leurs branchies sont situées latéralement sous le rebord du manteau à droite, tandis que chez D. dolabrifera, la branchie est cachée à l'intérieur de la cavité arrière.

Biotope / Habitat

L'espèce affectionne la zone intertidale et le petit infralittoral (entre 0 et 3 mètres de profondeur). Elle vit cachée sous les dalles rocheuses, les débris de coraux morts, dans les étangs de marée ou sur les plats récifaux abrités. Principalement lucifuge et nocturne, elle cherche l'ombre pendant les heures d'ensoleillement pour éviter la déshydratation et la prédation. Dolabrifera dolabrifera est un mollusque herbivore brouteur. Grâce à sa radula (langue râpeuse garnie de petites dents chitineuses), elle consomme : – Le tapis algal recouvrant les pierres. – Des algues vertes filamenteuses ou foliacées (ex. Ulva, Cladophora). – Le film biologique et les microalgues benthiques incrustantes.

Distribution

Il s'agit d'une espèce circumtropicale et subtropicale, présente dans l'ensemble des mers chaudes du globe : Indo-Pacifique : de la mer Rouge et la côte est-africaine jusqu'à Hawaï, en passant par Madagascar, La Réunion, Mayotte, l'Australie et le Japon. Atlantique Ouest : Caraïbes, golfe du Mexique, Floride, Bahamas et Brésil. Atlantique Est : archipels des Canaries et du Cap-Vert.

Les zones géographiques (BioObs)

Espèce évaluée sur Liste Rouge


Le type d'observation


Les sources


LE BRIS Sylvain, MÜLLER Yves in : DORIS, 28/07/2026: Dolabrifera dolabrifera (Rang, 1828), https://doris.ffessm.fr/ref/specie/2887
WoRMS : MolluscaBase eds. Dolabrifera dolabrifera
The Sea Slug Forum Dolabrifera dolabrifera
Nudibranches et Planaires du Sud-ouest de l'Océan indien Dolabrifera

Les autres noms communs

• Allemagne : Seehase • France : Lièvre de mer Doladola • Royaume-Uni : Dappled Sea Hare • Royaume-Uni : Green Sea Hare • Royaume-Uni : Warty seacat ou Warty seahare

Les autres noms scientifiques (non valide)

Aplysia dolabrifera Rang, 1828Aplysia oahouensis Souleyet, 1852Dolabella dolabrifera (Rang, 1828)Dolabrifera cuvieri H. Adams & A. Adams, 1854Dolabrifera fusca Pease, 1868Dolabrifera maillardi Deshayes, 1863Dolabrifera marmorea G. B. Sowerby II, 1868Dolabrifera olivacea Pease, 1860Dolabrifera pacifica G. B. Sowerby II, 1868Dolabrifera tahitensis Pease, 1861Dolabrifera vitraea G. B. Sowerby II, 1868
16/01/2019

Historique des modifications

• Création : Pascal COATNOAN le 31/07/2026


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