Flabelline gracile Coryphella gracilis BioObs
Flabelline gracile
Coryphella gracilis
Auteur : Benjamin GuichardPhoto prise le 20/04/2025 à Tourelle du Mengam
Animaux
Mollusques
Gastéropodes Opisthobranches
Nudibranches Eolidiens
Description
C'est une minuscule limace de mer au corps très fin et étiré, dont la taille oscille généralement entre 12 et 15 mm chez les adultes (quelques rares individus atteignent 25 mm). Le corps : le tissu est d'un blanc translucide. Chez les sujets matures, on peut deviner par transparence de petites masses blanchâtres alignées le long du dos : il s'agit de leurs organes reproducteurs (ovotestis). Les cérates : ces appendices disposés sur le dos sont alignés en 5 à 7 bouquets transversaux de chaque côté. Le centre de chaque cérate renferme une extension de la glande digestive dont la couleur dépend des derniers repas de l'animal : elle varie du rouge vif à l'orangé ou au marron clair. Une variété rare, nommée smaragdina, présente des cérates d'un vert prononcé. L'extrémité supérieure de chaque cérate est coiffée d'un anneau ou d'une tache d'un blanc opaque très net. Appendices et queue : les rhinophores et les tentacules buccaux, translucides à leur base, portent également une marque blanc opaque à leur pointe. La queue, longue et effilée, se termine par une zone pigmentée de blanc. Pour identifier rigoureusement cette espèce parmi d'autres petits éolidiens, les biologistes s'appuient sur plusieurs critères anatomiques : – Implantation directe des cérates : les papilles dorsales (cérates) prennent directement naissance sur la paroi du dos. Elles ne sont pas regroupées sur des socles surélevés ou des pédoncules communs. – Rhinophores lisses : les deux tentacules sensoriels dressés sur la tête (rhinophores) ont une surface totalement lisse, sans aucune collerette, lamelle ou structure annelée. – Symétrie céphalique : les rhinophores et les tentacules buccaux (situés de part et d'autre de la bouche) affichent une longueur visiblement équivalente. – Extensions du pied : les coins antérieurs du pied se prolongent par de petits appendices pointus, appelés tentacules propodiaux. – Position de l'anus : L'orifice anal débouche sur le flanc droit, positionné juste en dessous du tout premier rang du deuxième groupe de cérates. La reproduction a lieu principalement au printemps et au début de l'été (de mai à août). Les oeufs sont regroupés au sein d'un fin cordon gélatineux de couleur blanche. Déposé en milieu naturel, ce cordon s'enroule de manière sinueuse et irrégulière tout le long des tiges des colonies d'hydraires dont se nourrit la limace. Si l'animal pond sur une surface parfaitement plane, la ponte prend une allure très géométrique : elle dessine une frise régulière en zigzag (rappelant les motifs architecturaux grecs) disposée en une spirale très lâche.Confusions possibles
En raison de leur silhouette et de leurs teintes rouges/orangées, d'autres espèces proches peuvent induire en erreur : - Coryphelle de Brown Coryphella browni : Très ressemblante, elle est cependant beaucoup plus grande à l'âge adulte (jusqu'à 50 mm). De plus, l'anneau blanc situé tout au bout de ses cérates forme une marque opaque nettement plus large et épaisse que chez C. gracilis. - Flabelline rouge Coryphella verrucosa : Ses cérates ne sont pas séparés en bouquets bien nets sur le dos mais implantés de manière plus continue. Elle se distingue aussi par une ligne blanche longitudinale très marquée qui parcourt toute sa queue. - Coryphelle argentée Fjordia lineata : Elle partage le même biotope, mais s'identifie immédiatement grâce aux lignes blanches longitudinales très nettes qui parcourent son dos, ses flancs, ainsi que la surface de ses cérates et de ses rhinophores. Carronella pellucidaCoryphella pellucida) : Ses cérates longs donnent une impression générale beaucoup plus "ébouriffée" et désordonnée. De surcroît, sa répartition géographique reste strictement confinée aux secteurs boréaux les plus froids (comme le nord de l'Écosse).Biotope / Habitat
La coryphelle gracile vit dans la zone infralittorale (depuis la zone des marées jusqu'à une trentaine de mètres de profondeur). Elle affectionne les fonds rocheux, les parois verticales et les structures artificielles (comme les cordages ou les pilotis de pontons) exposés à des courants de marée significatifs, là où ses proies préférées s'installent en colonies denses. Cette espèce est une carnivore exclusive et très sélective. Elle se nourrit presque uniquement de petits cnidaires fixés appelés hydrozoaires (ou hydraires), ciblant en priorité le genre Eudendrium (notamment les espèces E. arbuscula et E. ramosum). À l'automne, lorsque ces colonies déclinent, elle peut adapter son régime en consommant d'autres hydraires comme les genres Halecium ou Clytia.Distribution
On la rencontre dans les eaux tempérées et froides de l'océan Atlantique Nord : Atlantique Nord-Est : très fréquente depuis l'Islande, la Norvège, le sud de la mer du Nord (notamment aux Pays-Bas) jusqu'aux îles Britanniques et au nord de la France (Manche, Bretagne et golfe de Gascogne). Atlantique Nord-Ouest : présente sur la côte est-américaine, de Terre-Neuve jusqu'aux rivages de la Nouvelle-Angleterre.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• ROSSI Miria, VANHAELEN Alex, MÜLLER Yves, COROLLA Jean-Pierre in : DORIS, 13/07/2023 : Microchlamylla gracilis (Alder & Hancock, 1844) ex Flabellina gracilis, https://doris.ffessm.fr/ref/specie/874
• WoRMS : MolluscaBase eds. (2026). MolluscaBase. Coryphella gracilis (Alder & Hancock, 1844). Accessed through: World Register of Marine Species at: https://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&id=13998 on 2026-06-22
• MarLIN : Edwards, R.V. 2007. Coryphella gracilis Slender sea slug. In Tyler-Walters H. and Hiscock K. Marine Life Information Network: Biology and Sensitivity Key Information Reviews, [on-line]. Plymouth: Marine Biological Association of the United Kingdom. [cited 18-07-2026]. Available from: https://www.marlin.ac.uk/species/detail/1990
• Smith, Ian. (2022). Coryphella gracilis (Alder & Hancock, 1844) Identification and Biology. 10.13140/RG.2.2.22619.44323. https://www.researchgate.net/publication/361462903_Coryphella_gracilis_Alder_Hancock_1844_Identification_and_Biology
• OPK-Opistobranquis : Ballesteros, M., Madrenas, E. & Pontes, M. (2025) "Microchlamylla gracilis" in OPK-Opistobranquis. Published: 15/10/2014. Accessed: 19/07/2026. Available at (https://opistobranquis.info/en/?p=16020 )
Les autres noms communs
• Allemagne : Grazile Fadenschnecke • Royaume-Uni : Slender aeolis • Royaume-Uni : Slender seaslug • Pays-Bas : Sierlijke knotsslak • Pays-Bas : Slanke waaierslakLes autres noms scientifiques (non valide)
• Coryphella rufibranchialis var. clavigera Odhner, 1929 • Eolis gracilis Alder & Hancock, 1844 • Eolis smaragdina Alder & Hancock, 1851 • Flabellina gracilis (Alder & Hancock, 1844) • Microchlamylla gracilis (Alder & Hancock, 1844)
Auteur : Benjamin GuichardPhoto prise le 01/10/2023 à Petite Basse
Auteur : Benjamin GuichardPhoto prise le 09/05/2025 à Le Cobetas
Auteur : Benjamin GuichardPhoto prise le 09/07/2022 à Swansea Vale (épave)
Auteur : Benjamin GuichardPhoto prise le 01/10/2023 à Petite Basse
20/04/2025
Historique des modifications
• Création : Maguelone GRATEAU le 10/01/2023 • Modification : Pascal COATNOAN le 28/07/202628/07/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
