Pétricole lithophage Petricola lithophaga BioObs
Pétricole lithophage
Petricola lithophaga
Auteur : Pascal COATNOANPhoto prise le 03/12/2021 à Plage Hotel Haitza
Animaux
Mollusques
Bivalves (ou Lamellibranches)
Description
Infatigable sculptrice des bancs rocheux littoraux, la pétricole lithophage est un discret bivalve perforant capable de creuser son propre abri sur mesure au coeur du calcaire le plus compact. Description à l'oeil nu et caractères d'identification L'observation de l'animal complet nécessite de repérer ses siphons affleurant à la surface de la roche creusée ou d'examiner une coquille dégagée de son substrat : Taille de la coquille : coquille de petite à moyenne taille, mesurant généralement entre 15 et 30 mm de long (pouvant exceptionnellement atteindre 35 mm). Forme générale : coquille équivalve mais très inéquilatérale, de contour variable (ovale à subquadrangulaire), épousant les contours de la cavité rocheuse occupée. Le bord antérieur est court et arrondi, tandis que le bord postérieur est plus allongé et tronqué. Sculpture externe : présence de fines côtes radiales entrecoupées de stries de croissance concentriques bien visibles, créant un aspect légèrement réticulé, particulièrement marqué sur la région postérieure. Coloration : teinte blanc-crème à grisâtre ou jaunâtre, souvent recouverte de dépôts limoneux ou d'enduits noirâtres sur les individus vivants. Siphons : deux siphons soudés à leur base, de couleur blanc crème à rosée, terminés par de petits tentacules sensoriels perceptibles lorsqu'ils dépassent de la roche. Charnière et crochet : crochet antérieur recourbé vers l'avant, charnière comportant des dents cardinales bien développées sans plaques accessoires externes.Confusions possibles
Fausse pholade (Petricolaria pholadiformis) : espèce introduite présentant une forme nettement plus allongée et étirée (similaire à une pholade), avec des côtes scabreuses particulièrement fortes et épineuses sur la partie antérieure, alors que P. lithophaga a une forme plus ronde et ovale. Datte de mer (Lithophaga lithophaga) : moule lithophage méditerranéenne au test très allongé, cylindrique et lisse, de couleur brun foncé à marron brillant, dépourvue des côtes radiales fines caractéristiques de P. lithophaga. Pholade blanche (Barnea candida) et Pholade dactyle (Pholas dactylus) : pholades possédant des plaques calcaires accessoires sur le dos de la coquille (testes) et une charnière dépourvue de dents vraies, contrairement à la pétricole qui possède une charnière typique de bivalve vénéridé. Hiatella rugosa : coquille également polymorphe et déformée, mais reconnaissable à ses siphons rouges ou orangés très voyants et à deux carènes anguleuses parfois épineuses chez les jeunes individus.Biotope / Habitat
La pétricole lithophage est un organisme endolithe qui fréquente préférentiellement les roches tendres à calcarifères (calcaire, marne, craie, grès argileux compact). On la rencontre également encastrée dans des blocs de coralligène mort ou de vieilles coquilles d'huîtres épaisses. Il s'installe depuis le bas de la zone intertidale (estran) jusqu'à l'étage infralittoral, généralement entre 0 et 30 mètres de profondeur. Sa présence est permanente toute l'année. Une fois la larve fixée sur la roche, la pétricole s'enfonce progressivement en combinant le grattage mécanique au moyen du bord de ses valves et l'action chimique de sécrétions acides. Le trou s'élargit au fur et à mesure de sa croissance, formant une loge dont l'ouverture extérieure demeure plus étroite que le corps du bivalve, le protégeant contre les prédateurs. C'est un organisme suspensivore et filtrant : elle déploie ses deux siphons vers l'extérieur pour inhaler l'eau de mer, retenir le phytoplancton et les microparticules organiques en suspension, puis rejeter l'eau filtrée. La pétricole lithophage fait partie des rares bivalves capables de modifier physiquement la géomorphologie côtière. En creusant des milliers de cavités dans les bancs rocheux calcaires, ces bivalves fragilisent la roche, accélérant l'érosion côtière naturelle. Une fois la pétricole morte, les trous laissés vacants deviennent d'inestimables refuges de substitution pour de nombreuses petites espèces de la faune littorale (anémones, petites ophiures, crabes et vers polychètes), jouant ainsi un rôle d'ingénieur d'écosystème.Distribution
L'espèce possède une large distribution géographique. Elle est bien établie le long des côtes de l'océan Atlantique Nord-Est (depuis les îles Britanniques et la mer du Nord jusqu'au Sénégal et au Cap-Vert) ainsi que dans l'ensemble du bassin méditerranéen et en mer Noire. Sur le littoral français, elle est présente aussi bien sur la façade atlantique, en Manche, qu'en Méditerranée. Son aire de répartition est considérée comme stable et autochtone dans ces régions.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• LE GRANCHÉ Philippe, ANDRÉ Frédéric in : DORIS 26/03/2025 : Petricola lithophaga (Retzius, 1788) https://doris.ffessm.fr/ref/specie/4586
• WoRMS : MolluscaBase eds. (2026). MolluscaBase. Petricola lithophaga (Retzius, 1788). Accessed through: World Register of Marine Species at: https://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&id=140729 on 2026-08-02
• Sea Life Base : Petricola lithophaga
• European mollusks) (database with determination key for European mollusks) : Petricola lithophaga
• Kovalyova, Margarita. (2015). Morphometric Characteristics of the Shell and Distribution along the Crimean Coast (Black Sea) of Petricola lithophaga (Retzius, 1788) (Mollusca: Veneridae). Acta Zoologica Bulgarica. 67. 587-590. Petricola lithophaga
Les autres noms communs
• Allemagne : Steinesser • France : Fausse pholade naine • France : Pétricole rocellaire • France : Pétricole rupérelle • France : Pétricole semi-lamelleuse • France : Vénus lamelleuse • Royaume-Uni : Rock-eating petricola / Rock-borer PetricolaLes autres noms scientifiques (non valide)
• Mya decussata Montagu, 1808 • Petricola (Rupellaria) lithophaga (Retzius, 1788) • Petricola abbreviata Dujardin, 1837 • Petricola costellata Lamarck, 1818 • Petricola rariflamma Deshayes, 1834 • Petricola rocellaria Lamarck, 1818 • Petricola ruperella Lamarck, 1818 • Petricola semilamellata Lamarck, 1818 • Petricola sulcata Lamarck, 1801 • Rupellaria lithophaga (Retzius, 1788) • Rupellaria reticulata Fleuriau de Bellevue, 1802 • Rupellaria striata Fleuriau de Bellevue, 1802 • Venerupis lamellosa Blainville, 1824 • Venus lithophaga Retzius, 1788
Auteur : Pascal COATNOANPhoto prise le 03/12/2021 à Plage Hotel Haitza
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03/12/2021
Historique des modifications
• Création : Alain Mayoux le 11/11/2021 • Modification : Pascal COATNOAN le 26/08/202626/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
