Lasaea rouge Lasaea rubra BioObs
Lasaea rouge
Lasaea rubra
Auteur : Pierre CorbrionPhoto prise le 19/02/2022 à Plage de l'écluse (Dinard)
Animaux
Mollusques
Bivalves (ou Lamellibranches)
Description
Véritable lilliputien de l'estran, Lasaea rubra est un minuscule bivalve rougeâtre qui prospère dans les anfractuosités les plus inhospitalières des rochers battus par les vagues. Bien qu'il passe souvent inaperçu en raison de sa taille, il tapisse les hauts de plages rocheuses en colonies denses. Description à l'oeil nu et caractères d'identification Ce bivalve est si petit qu'il nécessite une observation attentive, souvent facilitée par l'utilisation d'une loupe de terrain. Bien qu'il s'agisse d'un bivalve, il est le plus souvent observé valves fermées dans son milieu. Voici les critères d'identification sur le terrain : Taille : minuscule, la coquille adulte mesure généralement entre 1 et 3 millimètres de long au maximum. Forme : coquille de forme globalement ovale, légèrement asymétrique et très bombée (globuleuse). Couleur : C'est le critère le plus frappant. Elle varie du rose violacé au rouge brique, avec une teinte souvent plus sombre et intense au niveau des crochets (la pointe de la coquille). Texture : la surface de la coquille est mate, sans ornementation complexe, mais de très fines stries de croissance concentriques peuvent être devinées à la loupe. Grégarisme : S'observe très rarement seul ; l'espèce forme des agrégats denses de dizaines d'individus serrés les uns contre les autres.Confusions possibles
En raison de sa taille, elle peut être confondue avec les juvéniles d'autres bivalves ou avec d'autres espèces miniatures. - Naissain de moules communes Mytilus edulis : les très jeunes moules peuvent avoir une taille similaire et vivre dans les mêmes anfractuosités. Cependant, la jeune moule est de couleur bleu-noir à brune (jamais rouge vif) et possède une forme beaucoup plus allongée et pointue (cunéiforme). - Kellia suborbicularis (GBIF) : un autre petit bivalve globuleux aimant les crevasses. Toutefois, sa coquille est de couleur blanche à translucide, et elle se rencontre généralement plus bas sur l'estran (zone infralittorale). - Turtonia minuta (GBIF) : une espèce de taille équivalente vivant également sur l'estran, souvent attachée aux algues rouges. Sa couleur tire plutôt sur le brun-jaunâtre ou le corné, sans la teinte rouge caractéristique de Lasaea rubra. À noter : les similitudes entre Lasaea rubra (Montagu, 1803) et Lasaea adansoni Gmelin, 1791 (GBIF) sont si absolues que comparer ces deux bivalves revient, sur le terrain, à décrire le même organisme. Dans la littérature scientifique et les bases de données, il est très fréquent que asaea rubra soit considérée comme un synonyme plus récent (synonyme junior) ou comme une variation locale de Lasaea adansoni. Historiquement, l'espèce L. adansoni a été décrite en premier en 1791, suivie de L. rubra en 1803. Face à la difficulté de les différencier morphologiquement et écologiquement, la communauté malacologique regroupe souvent ces spécimens sous l'appellation générique de « complexe Lasaea rubra ».Biotope / Habitat
Lasaea rubra est une espèce strictement marine et benthique qui affectionne la zone intertidale supérieure (la partie haute de l'estran). L'espèce vit fixée sur des substrats durs, s'abritant dans des micro-habitats qui retiennent l'humidité : fissures de la roche, anciennes carapaces de balanes vides, ou encore au coeur des touffes du lichen marin Lichina pygmaea. On la retrouve à des niveaux bathymétriques très élevés, ce qui signifie qu'elle supporte de très longues périodes d'émersion entre les grandes marées. Elle est présente toute l'année. L'aspect le plus fascinant de Lasaea rubra est son adaptation extrême à la vie "hors de l'eau". Installée tout en haut de l'estran, l'espèce peut passer jusqu'à 80 % de sa vie à l'air libre, n'étant submergée qu'au moment des pleines mers de vive-eau. Pour survivre à cette dessiccation mortelle pour la plupart des animaux marins, elle scelle hermétiquement ses valves et réduit son métabolisme, illustrant une résilience physiologique exceptionnelle pour un bivalve. Comme la majorité des bivalves, cette espèce est suspensivore : elle filtre l'eau de mer pour se nourrir de micro-algues (phytoplancton) et de fines particules de matière organique. Son activité alimentaire est strictement rythmée par les marées et se limite aux courtes périodes où elle est immergée. Son cycle de reproduction est remarquable pour un bivalve marin : l'espèce est hermaphrodite et incube ses oeufs à l'intérieur de sa cavité palléale. Il n'y a pas de stade larvaire nageur (pélagique) ; l'adulte libère directement de minuscules juvéniles benthiques, ce qui explique pourquoi on les trouve souvent en colonies très localisées.Distribution
L'espèce possède une très vaste aire de répartition, considérée comme cosmopolite dans les eaux tempérées. En Europe et en France, on la rencontre très fréquemment sur toutes les côtes rocheuses de l'Atlantique Nord-Est, de la Manche, de la mer du Nord, ainsi qu'en mer Méditerranée. Son aire de répartition est stable et l'espèce est très commune, bien que sous-observée en raison de sa taille microscopique.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• WoRMS : MolluscaBase eds. (2026). MolluscaBase. Lasaea rubra (Montagu, 1803). Accessed through: World Register of Marine Species at: https://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&id=140176 on 2026-08-26
• Sea Life Base : Lasaea rubra
• MarLIN : Tyler-Walters, H., 2005. Lasaea adansoni A bivalve mollusc. In Tyler-Walters H. and Hiscock K. Marine Life Information Network: Biology and Sensitivity Key Information Reviews, [on-line]. Plymouth: Marine Biological Association of the United Kingdom. [cited 26-08-2026]. Available from: https://www.marlin.ac.uk/species/detail/1461>
• Marine Bivalve Shells of the British Isles : Lasaea rubra
Les autres noms communs
• Pays-Bas : Gewone korstmosschelp / KorstmosmosseltjeLes autres noms scientifiques (non valide)
• Bornia seminulum R. A. Philippi, 1836 • Cardium rubrum Montagu, 1803 • Cycladina adansonii Cantraine, 1835 • Erycina fontenayi Mittre, 1841 • Erycina violacea Scacchi, 1836 • Kellia danili Brusina, 1865 • Kellia daniliana Brusina, 1866 • Kellia rubra (Montagu, 1803) • Kellya rubra (Montagu, 1803) • Lasaea rubra var. major Bucquoy, Dautzenberg & Dollfus, 1892 • Lasaea rubra var. pallida Jeffreys, 1864 • Poronia rubra (Montagu, 1803)19/02/2022
Historique des modifications
• Création : Pascal COATNOAN le 27/08/202627/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
