Polycère norvégienne Polycera norvegica BioObs
Polycère norvégienne
Polycera norvegica
Auteur : Corine PicardPhoto prise le 17/07/2022 à Courégant, La Petite Soeur
Animaux
Mollusques
Gastéropodes Opisthobranches
Nudibranches Doridiens
Description
D'une longueur moyenne comprise entre 15 et 30 mm (les plus grands spécimens atteignant exceptionnellement 40 mm), la polycère de Norvège présente, à l'oeil nu, un corps de forme limaciforme (allongé et étroit) et d'aspect translucide. – Teinte de fond : blanc translucide à légèrement opalescent. – Pigmentation : le corps est parsemé de multiples petits points ou tubercules d'un jaune vif à orange chaud, répartis de manière aléatoire sur le dos et les flancs. – Rhinophores : les deux antennes sensorielles situées sur la tête sont lamellées (perfoliées). Elles partagent la translucidité du corps à leur base mais se terminent par une pointe jaune ou orange très vive. – Panache branchial : situé sur le tiers postérieur du dos, il est composé de 5 à 7 feuilles branchiales simples (unipennées), translucides et également surlignées de jaune/orange à leurs extrémités. Pour identifier à coup sûr Polycera norvegica lors d'une observation, recherchez ces critères précis : – Le voile oral : il porte presque systématiquement 6 appendices frontaux (parfois fluctuant entre 4 et 8 selon la croissance, mais 6 reste la norme chez l'adulte). Ces digitations sont longues, pointues et teintées de jaune-orange à l'apex. – Les papilles extrabranchiales : de chaque côté du panache branchial se dresse une papille protectrice (parfois deux), plus grande que les autres, à pointe jaune. – Absence de lignes longitudinales : contrairement à d'autres espèces du même genre, son corps ne présente pas de lignes de couleur continues, mais uniquement des points distincts jaunes, jaune clair ou orange. Il existe deux morphotypes : le morphotype « tacheté » (base blanche/translucide mouchetée de points noirs, marron foncé ou gris) et le morphotype « jaune/orange » (taches orange/marron principalement sur la tête et la zone en arrière de la tête). – La carène caudale : une ligne jaune ou orange bien marquée court le long de la crête de la queue (partie postérieure du pied). La ponte de Polycera norvegica se présente sous l'aspect d'un ruban gélatineux vertical ou légèrement incliné, décrivant une courbe ouverte ou une spirale lâche (souvent en forme de "C" ou de "S"). Le cordon d'oeufs est d'un blanc pur à blanc crème très propre. La ponte est déposée et solidement engluée directement sur la nourriture de l'animal (les colonies de bryozoaires) ou sur le substrat rocheux et algal à proximité immédiate.Confusions possibles
Il est facile de confondre Polycera norvegica avec d'autres membres de sa famille : - Polycère à quatre lignes Polycera quadrilineata : Possède généralement 4 tentacules frontaux (au lieu de 6). Son corps présente des lignes jaunes/oranges longitudinales continues ou discontinues, et elle arbore fréquemment des points noirs ou sombres absents chez P. norvegica. - Polycère des Féroé Polycera faeroensis : Plus robuste et plus grande, elle possède un nombre supérieur de tentacules frontaux (généralement 8 à 12). Son corps blanc ne présente pas de ponctuations jaunes dispersées sur les flancs. - Palio dubia : Ne dispose pas de longs tentacules frontaux effilés mais de simples tubercules bas sur le voile oral. Son corps est plus trapu et souvent teinté de brun-vert ou de grisâtre. Note : Jusqu'en 2020, la plupart des descriptions publiées de P. quadrilineata incluaient le morphotype de Polycera norvegica. Sørensen, Rauch, Pola & Malaquias, 2020. Korshunova et al. (2021) ont publié leur travail sur le complexe Polycera quadrilineata, dans lequel quatre espèces provenant des côtes atlantiques européennes ont été identifiées ; les auteurs, dans le cadre de cette étude, considèrent le nudibranche Polycera norvegica comme un synonyme junior de Polycera capitata (désignation originale : Thecacera capitata). Toutefois Malaquias et al. (2022) considèrent que Thecacera capitata (et donc Polycera capitata) doit être traitée comme un nomen dubium. Ils rétablissent donc Polycera norvegica comme nom valide pour cette espèce, conformément aux conclusions de Sørensen et al. (2020).Biotope / Habitat
Profondeur : espèce principalement sublittorale, évoluant de la zone de balancement des marées (rarement à marée basse) jusqu'à environ 30 à 40 mètres de profondeur. Milieu : elle affectionne les fonds rocheux, les parois verticales ombragées et surtout les forêts de laminaires (Laminaria). On la trouve presque exclusivement là où se développent ses colonies de proies. Polycera norvegica est un prédateur carnivore hautement spécialisé. Son régime se compose exclusivement de bryozoaires. Elle broute activement des espèces de bryozoaires encroûtants qui colonisent les frondes de laminaires (comme Membranipora membranacea, les parois verticales ombragées et surtout les forêts de laminaires (Laminaria ou Electra pilosa). Elle peut également consommer des bryozoaires plus charnus ou dressés (tels que certaines espèces du genre Alcyonidium).Distribution
La polycère de Norvège est une espèce d'eaux froides à tempérées froides de l'Atlantique Nord-Est : Localité type : Côtes de Norvège (d'où son nom). Limites de distribution : présente le long des côtes suédoises, en mer du Nord, autour des îles Britanniques (Écosse, Irlande, Angleterre) et atteignant sa limite méridionale connue au niveau du Portugal.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• in : DORIS, 27/06/2022 : Polycera norvegica Sørensen, Rauch, Pola & Malaquias, 2020, https://doris.ffessm.fr/ref/specie/5301
• WoRMS : Polycera norvegica
• OPK-Opistobranquis : , Miquel (2025 Polycera norvegica
• Korshunova, Tatiana & Driessen, Floor & Picton, Bernard & Martynov, Alexander. .researchgate Polycera norvegica
Les autres noms communs
• Royaume-Uni : Norwegian polycera • Pays-Bas : Kleine harlekijnslak • Norvège : Norsk børstesnegl • Norvège : Norsk polyceraLes autres noms scientifiques (non valide)
• Polycera capitata (Alder & Hancock, 1854) > nomen dubium • Thecacera capitata Alder & Hancock, 1854
Auteur : Corine PicardPhoto prise le 17/07/2022 à Courégant, La Petite Soeur
17/07/2022
Historique des modifications
• Création : Eric Nozérac le 23/12/2022 • Modification : Pascal COATNOAN le 28/07/202628/07/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
