Placida à taches blanches Placida dendritica BioObs
Placida à taches blanches
Placida dendritica
Auteur : virginie ZAJDELPhoto prise le 06/03/2025 à Le Ponton
Animaux
Mollusques
Gastéropodes Opisthobranches
Autres Opisthobranches
Description
Longtemps prise pour une limace de mer éolidienne en raison de ses papilles dorsales, Placida dendritica est en réalité une sacoglosse plus proche génétiquement des limaces terrestres que des nudibranches. En perçant l'unique cellule géante des algues siphonées avec sa dent radulaire pour en aspirer le cytoplasme, elle remplit son système digestif d'un réseau vert végétal. Ce fluide colore son corps par transparence et lui offre une tenue de camouflage idéale sur ses plantes nourricières ! Description morphologique (observable à l'oeil nu et à la loupe) Placida dendritica mesure habituellement entre 3 et 8 mm, les plus grands individus atteignant 11 mm de longueur en Europe. Le corps est allongé, de couleur blanc translucide à blanchâtre-verdâtre. Son aspect est dominé par le réseau arborescent vert de la glande digestive qui traverse le derme. La sole du pied est étroite, souple et translucide, avec un bord antérieur arrondi et élargi sans protubérances latérales. La partie postérieure du pied (le métapodium) se prolonge en une queue effilée qui dépasse fréquemment l'ensemble des papilles dorsales. La longueur totale de l'animal déployé équivaut à environ 8 fois la largeur de son pied. Caractères diagnostiques et clés d'identification Réseau digestif d'aspect arborescent (dendritique) : Présence d'une glande digestive interne de teinte verte à brun-olive qui se ramifie à travers tout le corps, la tête, le pied et la queue (métapodium). Des diverticules vert foncé s'étendent à l'intérieur de chaque rhinophore et jusqu'au sommet de chaque cérate. Organisation et structure des cérates : Disposés latéralement chez l'adulte en groupes distincts (jusqu'à 9 groupes par côté comprenant chacun 2 à 4 cérates). Les cérates les plus développés occupent la position la plus dorsale, tandis que les plus petits se situent plus bas sur les flancs. Cérates translucides sans cnidosac terminal, mouchetés de petits points pigmentaires blancs en surface. Rhinophores et caractéristiques céphaliques : deux rhinophores lisses, translucides, enroulés sous forme de tubes fendus sur leur face ventrale lorsqu'ils sont orientés horizontalement. Les points de pigment blanc y sont plus condensés dans la zone distale (vers l'extrémité). Un oeil noir bien visible est implanté de chaque côté de la tête, exactement à la base externe de chaque rhinophore. Absence totale de tentacules oraux et de tentacules propodiaux. Organes internes et structures visibles : le péricarde forme une bosse en arrière de la tête, à l'avant de laquelle s'ouvre l'anus de couleur légèrement rosée. Des ovotestis sphériques et blanchâtres sont visibles par transparence sur les flancs ou au niveau de la sole pédieuse. La ponte est déposée directement sur les frondes de ses algues nourricières (Bryopsis ou Codium). Elle forme un ruban gélatineux enroulé en une spirale plate d'environ un tour et demi. Une seule ponte contient jusqu'à 850 oeufs chez les populations atlantiques européennes.Confusions possibles
- Hermès bifide Hermaea bifida Peut atteindre 20 mm. Vit sur des algues rouges filamenteuses (Céramiales). Son système digestif est teinté de rouge. Attention : un individu d'H. bifida privé de nourriture (ex. trouvé sur des laminaires) perd sa couleur rouge et peut ressembler à P. dendritica, mais ses hôtes et détails anatomiques diffèrent. - Hermaea paucicirra / Hermaea cantabra : Petites espèces (6 à 9 mm) vivant également sur des algues rouges et présentant des teintes digestives rougeâtres ou pigmentées différemment. - Elysie verte Elysia viridis : Absence totale de cérates dorsaux ; présence de deux grandes extensions latérales (parapodies) repliées sur le dos. - Limace pomme de pin Placida cremoniana : Tête, rhinophores et apex des cérates colorés de brun foncé à noir sur un corps jaune-orangé. - Nudibranches éolidens (ex. Eubranchus, Cuthona) : Possession de cnidosacs bien visibles contenant des stéréocystes/cnidocytes urticants au sommet des cérates ; rhinophores non fendus en gouttière.Biotope / Habitat
Habitat L'espèce réside au niveau de la limite des basses mers de vives-eaux équinoxiales ainsi que dans la zone sublittorale peu profonde, là où l'intensité lumineuse permet le développement de ses algues nourricières. Mode d'alimentation et impact sur l'hôte Algues cibles : Elle s'alimente exclusivement sur des algues vertes cénocytiques/siphonées (constituées d'une seule cellule géante multinucléée), principalement Bryopsis plumosa, Bryopsis corticulans, plusieurs espèces de Codium (comme C. fragile ou C. bursa) et probablement Derbesia. Conséquences écologiques : après le passage des mollusques, le thalle de l'algue perd sa pigmentation, devient très pâle et finit par se fragmenter. Parallèlement, la glande digestive du gastéropode se teinte intensément de vert sombre juste après le repas, puis s'éclaircit progressivement en période de jeûne. L'espèce présente une étonnante variabilité morphologique selon l'algue consommée : les individus se développant sur des thalles de Codium ont un corps plus large, des cérates plus courts mais plus nombreux, ainsi que des dents radulaires plus petites et plus abondantes que ceux vivant sur Bryopsis.Distribution
Distribution mondiale : présente en Atlantique Nord-Est (de la Norvège jusqu'à la Méditerranée). Statut d'observation : L'espèce est sous-échantillonnée dans de nombreuses régions en raison de sa petite taille et de son homochromie parfaite au milieu du feuillage des algues Bryopsis et Codium. À noter : les données signalées dans le Pacifique (Amérique du Nord, Japon), en Afrique du Sud et en Australasie se rattachent vraisemblablement au complexe d'espèces sensu lato. En effet, les spécimens européens s'étendant de la Norvège jusqu'à la Méditerranée constituent sensu stricto. Les populations répertoriées dans le Pacifique Nord-Est et Nord-Ouest, en Afrique du Sud ou en Australasie feraient partie d'un complexe d'espèces cryptiques (sensu lato) dont les divergences morphologiques et génétiques suggèrent qu'il s'agit de taxons distincts.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• COVES Jacques, SITTLER Alain-Pierre, GIRARD Pascal in : DORIS , 21/07/2026: Placida dendritica ( Alder & Hancock, 1843), https://doris.ffessm.fr/ref/specie/2945
• World Register of Marine Species Placida dendritica
• OPK-Opistobranquis : Ballesteros, M., Madrenas, E. & Pontes, M. (2025) Placida dendritica
• Smith, Ian. (2021). Identification and Biology. 10.13140/RG.2.2.11994.47047. Placida dendritica
• The Sea Slug Forum Placida dendritica
• Picton, B.E., Keatley, L. & Morrow, C.C. (2025). Encyclopedia of Marine Life of Britain and Ireland Placida dendritica
Les autres noms communs
• Allemagne : Bäumchen- Schlundsackschnecke • Danemark : Groene rolsprietslak • Royaume-Uni : Branched Sapsucker • Royaume-Uni : Dendritic nudibranch • Royaume-Uni : Dendritic sea slug • Royaume-Uni : Veined Sacoglossid • Suède : GröngreningLes autres noms scientifiques (non valide)
• Calliopaea dendritica Alder & Hancock, 1843 • Hermaea brevicornis A. Costa, 1867 • Hermaea dendritica (Alder & Hancock, 1843) • Hermaea lutescens A. Costa, 1866 • Hermaea orbicularis A. Costa, 1866 • Hermaea ornata MacFarland, 1966 • Hermaea venosa Lovén, 1844 • Placida brevicornis (A. Costa, 1867)06/03/2025
Historique des modifications
• Création : Pascal COATNOAN le 03/08/202603/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
