Pholade Pholas dactylus BioObs

Pholade

Pholas dactylus

Animaux

Mollusques

Bivalves (ou Lamellibranches)

Description

Véritable « perceuse des mers » bioluminescente, la pholade commune émet une lueur verdâtre si vive que le naturaliste romain Pline l'Ancien rapportait que la bouche et les mains des convives continuaient de scintiller dans le noir après en avoir dégusté. Description observable à l'oeil nu La coquille mesure couramment entre 8 et 12 cm de long (certains individus atteignent 15 cm). Sa texture est crayeuse, fragile au toucher, et présente une teinte blanche à blanc cassé ou grisâtre, fréquemment teintée de dépôts ferrugineux brunâtres ou jaunâtres prélevés sur la roche forée. Lorsque l'animal est vivant et immergé, on distingue émergeant de la roche une imposante colonne charnue bicolore formée des deux siphons soudés presque jusqu'à leur extrémité, beige clair à brun rosé, bordée de nombreuses petites papilles sensorielles foncées. Caractères et clés d'identification : Profil général : coquille allongée, subcylindrique et étroite, asymétrique, nettement renflée et arrondie vers l'avant, s'amenuisant progressivement vers l'arrière. Plaques dorsales accessoires : présence singulière de quatre pièces calcaires accessoires protégeant la charnière et le bord dorsal (caractère majeur du genre Pholas). Ornementation abrasive antérieure : surface externe marquée à l'avant par des côtes rayonnantes fortes coupées de lamelles concentriques festonnées, formant des aspérités épineuses très coupantes disposées comme une râpe. Bâillement prononcé : deux ouvertures béantes (ou hiantes) permanentes, l'une antérieure arrondie pour l'extrusion du pied fouisseur, l'autre postérieure pour l'émergence des siphons. Apophyse interne (excroissance calcaire) : face intérieure concave portant sous chaque crochet une longue apophyse calcaire recourbée en cuillère. Charnière atypique : absence totale de dents cardinales ou latérales de verrouillage ; les valves sont maintenues par des tissus ligamentaires et musculaires adaptés au pivotement.

Confusions possibles

Barnea candida (Pholade blanche) Plus petite (taille maximale de 6 à 7 cm), coquille plus mince et translucide, ne possédant qu'une seule plaque accessoire dorsale au lieu de quatre. Petricola pholadiformis (Fausse pholade) Espèce d'origine nord-américaine ; possède une charnière classique munie de dents, aucune plaque accessoire dorsale et pas d'apophyse interne. Zirfaea crispata (Pholade rugueuse) Coquille plus trapue et ouverte en losange, distinctement divisée en deux parties par un profond sillon vertical oblique au milieu de chaque valve. Lithophaga lithophaga (Datte de mer) Coquille marron foncé, lisse et cylindrique (famille des Mytilidae), qui fore le calcaire par dissolution chimique acide et non par abrasion mécanique.

Biotope / Habitat

Pholas dactylus est une espèce strictement endolithique (qui habite l'intérieur de la roche) et lithophage (qui creuse la matière minérale). Dès sa fixation à l'état larvaire, elle creuse un terrier cylindrique vertical sur mesure dans des substrats compacts mais friables : craie, calcaire marneux, schistes tendres, grès friable, tourbe fossile ou marnes compactes. Le forage est un processus mécanique : le mollusque s'ancre fermement au fond de sa loge grâce à son pied transformé en ventouse musclée, puis imprime à ses valves rugueuses de lentes rotations oscillatoires. Les aspérités de la coquille rabotent progressivement la roche. Comme le terrier s'élargit avec l'âge tandis que l'orifice supérieur reste étroit pour laisser passer les seuls siphons, l'adulte se retrouve prisonnier à vie de sa cavité. L'espèce vit depuis la frange inférieure de l'estran (zone des marées de vives-eaux) jusqu'à une vingtaine de mètres de profondeur. Elle possède en outre la capacité de produire une bioluminescence bleu-vert par réaction enzymatique (système luciférine-luciférase découvert chez cette espèce par le physiologiste Raphaël Dubois en 1887). Mode d'alimentation : Bien qu'elle creuse la pierre, la pholade ne consomme pas la matière rocheuse extraite. C'est un organisme microphage suspensivore (filtreur actif). En période d'immersion, elle déploie ses siphons hors du trou de forage : le siphon inhalant aspire l'eau de mer chargée de phytoplancton, de diatomées, de bactéries et de détritus organiques en suspension. Les branchies filtrent ces particules et les acheminent le long de gouttières ciliées jusqu'à la bouche, tandis que le siphon exhalant rejette l'eau désoxygénée et les particules impropres à la digestion (pseudo-fèces).

Distribution

Pholas dactylus est largement distribuée sur les façades maritimes européennes et péri-méditerranéennes : Océan Atlantique Nord-Est : depuis le sud de la mer du Nord et les côtes des îles Britanniques, la Manche, le golfe de Gascogne, jusqu'aux rivages de la péninsule Ibérique, du Maroc et de la Mauritanie. Bassin méditerranéen : présent sur l'ensemble du pourtour méditerranéen (côtes nord et sud) ainsi qu'en mer Noire.

Les zones géographiques (BioObs)

Espèce évaluée sur Liste Rouge


Le type d'observation


Les sources


BioLIb World Register of Marine Species Laevicardium crassum

Les autres noms communs

• Allemagne : Dattelmuschel  • Allemagne : Große Bohrmuschel / Gemeine Bohrmuschel • Danemark : Daddelformet boremusling • Espagne : Almeja brava  • Espagne : Barrena • France : Aile d'ange • France : Datte de mer • France : Gite • France : Grande pholade • France : Pholade commune • Royaume-Uni : Common piddock • Royaume-Uni : Dail-gite  • Italie : Dattero bianco • Italie : Folade • Pays-Bas : Gewone boormossel / Gewone boormossel • Pays-Bas : Pholade • Portugal : Taralhao

Les autres noms scientifiques (non valide)

Hypogaea verrucosa Poli, 1795Pholas callosa Lamarck, 1818Pholas dactylina Locard, 1886Pholas dactylus var. decurtata Jeffreys, 1865 ·Pholas dactylus var. gracilis Jeffreys, 1865Pholas edwardsi Monterosato, 1878 ·Pholas hians [Lightfoot], 1786Pholas jordani van Hoepen, 1941Pholas marmoratus Perry, 1811Pholas muricatus da Costa, 1778Pholas mytiloides Bory de Saint-Vincent, 1827Pholas mytiloides Bory de Saint-Vincent, 1827Zirphaea julan H. Adams & A. Adams, 1856

Historique des modifications

• Création : Pascal COATNOAN le 12/08/2026


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