Syndesmye blanche Abra alba BioObs
Syndesmye blanche
Abra alba
Auteur : Pierre CorbrionPhoto prise le 28/02/2021 à Marégraphe (Saint-Suliac)
Animaux
Mollusques
Bivalves (ou Lamellibranches)
Description
Petit coquillage aux valves d'un blanc nacré étincelant, Abra alba est un maître de la vie cachée dans la vase, capable de scruter le fond marin grâce à de longs siphons orientables. L'abrat blanc se caractérise par une coquille bivalve équivalve, mais nettement inéquilatérale, d'aspect très fragile et délicat. Taille : coquille de petite taille, mesurant généralement entre 10 et 20 mm de longueur (dépassant rarement 25 mm). Forme : silhouette ovale à subtriangulaire ; la partie antérieure est arrondie tandis que la partie postérieure est légèrement comprimée et anguleuse. Couleur : coquille semi-translucide d'un blanc cassé à ivoire, recouverte d'un mince périostracum brillant, jaune pâle à brunâtre clair. Texture et motifs : surface externe très lisse et luisante, marquée de fines stries d'accroissement concentriques visibles à l'oeil nu. Crochets (umbos) : petits, pointus et légèrement inclinés vers l'arrière (opisthogyres), situés un peu en arrière du milieu de la coquille. Charnière et intérieur : la face interne de la coquille est porcelainée et présente un chondrophore interne bien visible (logette du ligament en forme de cuilleron).Confusions possibles
- Abra nitida présente une coquille nettement plus allongée, encore plus mince et fragile, avec une extrémité postérieure nettement plus effilée et pointue. Elle vit généralement plus profondément dans des vases plus molles. - Abra prismatica se distingue par une coquille plus étroite, de forme rectangulaire à elliptique allongée, avec des bords dorsal et ventral presque parallèles. - Limecola balthica (la telline de Baltique, anciennement Macoma balthica) : possède une coquille plus solide, plus épaisse et opaque, souvent teinte de rose, d'orange ou de jaune mat, sans la brillance ni la finesse translucide d'Abra alba, et ne possédant pas de chondrophore interne en cuilleron.Biotope / Habitat
Abra alba est une espèce strictement marine et endobenthique. Elle s'installe dans les fonds meubles, avec une nette préférence pour les vases douces, les sables vaseux et les graviers envasés riches en matière organique. On la rencontre principalement dans l'étage infralittoral et le haut du circalittoral, depuis la limite inférieure des marées (zone intertidale basse) jusqu'à environ 60 à 70 mètres de profondeur. C'est une espèce euryhaline qui tolère des baisses modérées de salinité, ce qui lui permet de coloniser les baies côtières, les estuaires et les lagunes ouvertes. Enfoui à quelques centimètres dans le sédiment (souvent entre 2 et 5 cm sous la surface), cet organisme détritivore mène une vie benthique discrète. Il déploie deux siphons indépendants, extrêmement longs et mobiles, qui émergent à la surface du fond marin. Le siphon inhalant balaie la surface du sédiment comme un aspirateur miniature pour capturer le film organique détritique, les bactéries et les micro-algues déposées. La croissance d'Abra alba est très rapide et sa durée de vie est courte, s'étalant en moyenne sur 1 à 2 ans (rarement 3 ans). La reproduction est gonochorique (les sexes sont séparés) avec une fécondation externe dans l'eau. Les larves véligères mènent une vie planctonique pendant plusieurs semaines avant de se métamorphoser et de se poser sur le fond. Abra alba donne son nom à un assemblage benthique majeur de l'Atlantique et de la Manche : la communauté ou « peuplement à Abra alba». Dans ce type de milieu, les densités de ce coquillage peuvent dépasser plusieurs milliers d'individus par mètre carré. Cette biomasse impressionnante constitue la ressource alimentaire fondamentale pour les poissons plats commerciaux (comme la sole, le carrelet ou la limande) et joue un rôle de premier plan dans le recyclage du carbone organique benthique.Distribution
L'aire de répartition d'Abra alba s'étend sur une vaste zone de l'Atlantique Nord-Est, depuis les côtes de Norvège et la mer de Barents jusqu'au Maroc. On la retrouve abondamment en mer du Nord, en Manche, en mer Baltique, ainsi que dans toute la mer Méditerranée et la mer Noire. En France, elle est présente sur l'intégralité du littoral de la Manche, de la façade atlantique et des côtes méditerranéennes. Ses populations sont globalement stables, bien que ses densités locales puissent fortement fluctuer d'une année sur l'autre en fonction du recrutement larvaire et des apports en matière organique.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• MÜLLER Yves, LE GRANCHÉ Philippe in : DORIS, 24/03/2025 : Abra alba (W. Wood, 1802), https://doris.ffessm.fr/ref/specie/5981
• WoRMS : MolluscaBase eds. (2026). MolluscaBase. Abra alba (W. Wood, 1802). Accessed through: World Register of Marine Species at https://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&id=141433 on 2026-07-16
• MarLIN : Budd, G.C. 2007. Abra alba White furrow shell. In Tyler-Walters H. Marine Life Information Network: Biology and Sensitivity Key Information Reviews, [on-line]. Plymouth: Marine Biological Association of the United Kingdom. [cited 17-08-2026]. Available from: https://www.marlin.ac.uk/species/detail/1722
• The Conchological Society of Great Britain and Ireland : Abra alba
• Marine Bivalve Shells of the British Isles : Abra alba
• Sea Life Base : Abra alba
Les autres noms communs
• Allemagne : Kleine Pfeffermuschel • Allemagne : Weiße Pfeffermuschel • Danemark : Hvid pebermusling • France : Abra blanche • France : Telline blanche • Royaume-Uni : White abra • Royaume-Uni : White furrow shell • Pays-Bas : Witte dunschaal • Suède : Vit pepparmusslaLes autres noms scientifiques (non valide)
• Abra renieri (Bronn, 1831) • Amphidesma boysiana Leach, 1852 • Erycina renierii Bronn, 1831 • Erycina tumida Brusina, 1865 · • Mactra alba W. Wood, 1802 • Mactra boysii Montagu, 1803 • Scrobicularia alba (W. Wood, 1802) • Scrobicularia alba var. oblonga J. T. Marshall, 1893 • Syndesmya alba (W. Wood, 1802) • Syndesmya alba var. apesa De Gregorio, 1884 • Syndesmya alba var. curta Jeffreys, 1864 · • Syndesmya renieri (Bronn, 1831) • Syndosmya alba (W. Wood, 1802) • Syndosmya alba var. major Recluz, 1843 • Syndosmya apelina Récluz, 1843 · • Syndosmya occitanica Récluz, 1844 • Tellina apelina Gmelin, 1791, sensu Renier, 1804 • Tellina pellucida Brocchi, 1814 • Tellina semidentata Scacchi, 1833
Auteur : Pierre CorbrionPhoto prise le 06/03/2021 à Cale de Jouvente
Auteur : Thomas RibeiroPhoto prise le 24/02/2024 à Le Ponton
Auteur : Thomas RibeiroPhoto prise le 24/02/2024 à Le Ponton
Auteur : Thomas RibeiroPhoto prise le 24/02/2024 à Le Ponton
Auteur : Pierre CorbrionPhoto prise le 06/03/2021 à Cale de Jouvente
Auteur : Pascal COATNOANPhoto prise le 06/09/2023 à Plage du Lion (Lacanau)
28/02/2021
Historique des modifications
• Création : Pascal COATNOAN le 19/08/202619/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
