Haminoé japonaise Haloa japonica BioObs
Haminoé japonaise
Haloa japonica
Auteur : Pierre CorbrionPhoto prise le 14/08/2021 à Le Ponton
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Description
Derrière l'allure délicate d'une bulle de verre dépoli, la limace-bulle japonaise est une voyageuse clandestine hors pair. Introduite involontairement à travers le monde au milieu des cargaisons de naissains d'huîtres et de palourdes, cette espèce asiatique a élu domicile dans nos étangs méditerranéens et nos estuaires atlantiques. Sur les côtes californiennes, son arrivée a même réservé une surprise aux baigneurs : elle y véhiculait un micro-parasite responsable d'urticaires cutanées ! La limace-bulle japonaise est un mollusque gastéropode opisthobranche (ordre des Cephalaspidea) facilement reconnaissable sur le terrain par l'assemblage de plusieurs traits morphologiques visibles sans équipement de laboratoire : Taille globale : le corps déployé mesure généralement entre 2 et 2,5 cm de longueur (pouvant exceptionnellement atteindre 3,3 cm). Coquille semi-externe : elle est extrêmement fine, frêle, translucide et d'une teinte légèrement ambrée, jaunâtre à verdâtre. De forme subcylindrique à ovale, la coquille (max. 2,8 cm) est trop petite pour que l'animal puisse s'y rétracter intégralement. Bouclier céphalique (la tête) : large et aplati, il se termine à l'arrière par deux lobes très marqués rappelant vaguement de petites oreilles de lapin. Deux petits yeux noirs très rapprochés sont visibles sur l'avant du bouclier, chacun entouré d'une zone circulaire claire et dépigmentée. Une tache sombre caractéristique marque le centre du bouclier céphalique. Coloration du corps : le tissu charnu translucide (grisâtre, olivâtre ou jaunâtre) est entièrement parsemé de mouchetures brunes et de minuscules points blanchâtres. Le manteau, visible sous la coquille transparente, arbore de fines ponctuations de couleur orange vif à rougeâtre. Les replis latéraux du pied (parapodes), qui recouvrent partiellement les flancs de la coquille, présentent une pigmentation plus foncée sur leur bord postérieur. La reproduction donne lieu à des pontes très caractéristiques déposées à la belle saison. La ponte forme un boudin ou une masse gélatineuse transparente, de consistance ferme, adoptant la forme d'un oeuf ou d'un haricot (ovoïde à réniforme). Elle est ancrée sur le sédiment, sur les feuilles de zostères ou sur des touffes d'algues filamenteuses. Le mucus protecteur abrite entre 200 et 700 oeufs arrondis de teinte jaune vif à orangée.Confusions possibles
- Limace-bulle navicule Haminoea navicula (autochtone) : Nettement plus grande à l'âge adulte (coquille pouvant dépasser 3 cm). Sa coquille est plus solide, plus foncée (brune à olivâtre) et son manteau ne possède pas le même patron de taches orangées translucides. - Haminoea hydatis : Coquille plus globuleuse et arrondie. Le bouclier céphalique présente une forme bilobée moins découpée et la répartition des pigments noirs/blancs diffère. - Bulle mouchetée Bulla ampulla : Coquille très épaisse, opaque, solide et tachetée de motifs marbrés. L'animal peut se réfugier complètement à l'intérieur de sa coquille, contrairement à Haloa japonica. - Philine drap de litPhiline aperta : Le corps est entièrement blanc laiteux et translucide sans taches colorées ; la coquille est totalement interne et invisible à l'oeil nu.Biotope / Habitat
Haloa japonica affectionne les eaux marines et saumâtres très abritées. On la rencontre sur les vasières littorales, dans les estuaires, les étangs côtiers, les herbiers de phanérogames (Zostera) ainsi que sur les structures conchylicoles artificielles. Elle évolue de la zone intertidale jusqu'à environ 15 mètres de profondeur. Tolérance environnementale : C'est une espèce hautement euryhaline (supportant des salinités de 18 à 40 ‰) et eurytherme (capable de braver de fortes variations de température). Cette grande plasticité explique son succès de colonisation. Comportement : Organisme benthique et semi-fouisseur, elle glisse lentement sur le film sédimentaire en sécrétant un mucus protecteur et s'enfouit légèrement dans la vase lorsque la marée descend ou face aux perturbations. Régime alimentaire : herbivore microphage et détritivore. Elle se nourrit principalement de micro-algues (notamment des diatomées), d'algues vertes filamenteuses et de débris végétaux en décomposition.Distribution
Aire d'origine (autochtone) : – Océan Pacifique Nord-Ouest, bordant les côtes du Japon, de la Corée, de la Chine et allant jusqu'à Hong Kong. Aire d'introduction (exotique envahissante) : – Pacifique Nord-Est : du sud de la Colombie-Britannique jusqu'en Californie. – Atlantique Nord-Est : côtes françaises (notamment en Bretagne et dans le golfe de Gascogne/bassin de Marennes), Pays-Bas, Belgique et Espagne. – Méditerranée : lagunes littorales françaises (étangs de Thau, de Berre, de Vaccarès, de l'Or) et italiennes (lagune de Venise, lac Fusaro).Les zones géographiques (BioObs)
Le statut
Invasive / EnvahissanteCette espèce est originaire de la région indo-ouest-pacifique, notamment des zones marines coréennes et japonaises. En juin 2018, l'espèce a été observée pour la première fois aux Pays-Bas, dans le lac Veerse Meer, marquant également la première observation en Europe du Nord-Ouest. Sa propagation en Europe du Sud a commencé beaucoup plus tôt, par la mer Méditerranée et les côtes atlantiques méridionales de l'Europe. En 1991, l'espèce a été observée pour la première fois dans la région méditerranéenne, à proximité de Naples (Italie). En 1992, des spécimens ont aussi été trouvés dans la lagune de Venise (Italie). La même année, l'espèce a également été observée pour la première fois le long de la côte atlantique du nord-ouest de l'Espagne, dans les estuaires de l'Arosa et de l'Eo. En France, l'espèce a été observée aussi bien sur la côte méditerranéenne que sur la côte atlantique (nord de la Bretagne). Ces observations en Europe n'étaient cependant pas les premières hors de l'aire de répartition naturelle de l'espèce : celle-ci avait déjà été signalée au début des années 1980 le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord, dans l'État de Washington, puis plus tard (en 1999) dans la région de San Francisco.
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• GIRARD Pascal in : DORIS,30/06/2026 Haloa japonica Pilsbry, 1895, https://doris.ffessm.fr/ref/specie/5504
• World Register of Marine Species Haloa japonica
• The Sea Slug World Haloa japonica
• VLIZ Alien Species Consortium (2024 Introduced alien species of the Belgian part of the North Sea and adjacent estuaries anno 2024– Japanese bubble snail.. Flanders Marine Institute (VLIZ). 5 pp. Haloa japonica
• OPK-Opistobranquis : Ballesteros, M., Madrenas, E. & Pontes, M. (2025 . Published: 31/10/2014. Haloa japonica
Les autres noms communs
• Espagne : Caracol burbuja japonés • France : Limace bulle japonaise • Royaume-Uni : Japanese Bubble Snail • Italie : Cefalaspideo giapponese • Italie : Lumaca bolla giapponese • Pays-Bas : Japanse zeepbelslakLes autres noms scientifiques (non valide)
• Bulla (Haminea) flavescens A. Adams, 1850 • Bulla (Haminoea) flavescens A. Adams, 1850 • Haloa (Haloa) margaritoides Kuroda & T. Habe, 1971 • Haloa margaritoides Kuroda & T. Habe, 1971 • Haminea binotata var. japonica Pilsbry, 1895 • Haminea flavescens (A. Adams, 1850) • Haminoea callidegenita G. D. Gibson & F.-S. Chia, 1989 • Haminoea flavescens (A. Adams, 1850) • Haminoea japonica Pilsbry, 1895 • Haminoea margaritoides (Kuroda & Habe, 1971)
Auteur : Maguelone GRATEAUPhoto prise le 11/09/2021 à Le Ponton
14/08/2021
Historique des modifications
• Création : Maguelone GRATEAU le 08/01/2023 • Modification : Pascal COATNOAN le 03/08/202603/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
