Algue japonaise poilue Polyopes lancifolius BioObs
Algue japonaise poilue
Polyopes lancifolius
Auteur : Eric NozéracPhoto prise le 01/01/0000
Végétaux
Algues
Rhodophycées (Algues rouges)
Thalles érigés
Description
Semblable à des lames de fer de lance ondoyant sous la houle, cette algue rouge originaire du Pacifique Nord-Ouest s'est invitée incognito le long du littoral atlantique européen en voyageant accrochée aux coquilles d'huîtres d'élevage ! Description observable à l'oeil nu À l'oeil nu, Polyopes lancifolius se présente sous la forme de bandes rouges à pourpres, dressées et aplaties. Sa texture ferme et cartilagineuse lui permet de maintenir une certaine tenue même émergée. La lame principale, en forme de ruban effilé, porte souvent sur ses bords de petites proliférations foliacées secondaires qui lui donnent un contour légèrement frangé ou découpé. Caractères et clés d'identification Forme générale en fer de lance : lames dressées, étirées et nettement plus étroites aux deux extrémités. Texture ferme et coriace : consistance cartilagineuse, élastique sous les doigts, non glissante ni gélatineuse. Presque acaule : raccordement au rocher par un stipe extrêmement court et étroit. Coloration rouge pourpre : teinte générale rouge sombre à brun-violacé, virant parfois au jaunâtre sur les zones fortement exposées à la lumière solaire. Proliférations sur les bords : présences régulières de petites dentelures ou de minuscules languettes latérales poussant le long des marges de la lame principale. Fixation solide : ancrage par un crampon sous forme d'un petit disque basal coriace. Taille moyenne : longueur comprise généralement entre 15 cm et 30 cm (pouvant exceptionnellement atteindre 40 cm).Confusions possibles
- Steak de mer Dilsea carnosa : Ses lames sont nettement plus épaisses, charnues et sombres, et leurs bords ne possèdent pas de petites proliférations foliacées. - Grateloupia turuturu Grateloupia turuturu : Autre algue introduite, mais beaucoup plus grande, très molle et gélatineuse/glissante au toucher. - Goémon à vache Palmaria palmata : Ses frondes sont divisées en forme de doigts de main (palmées) et sa consistance reste plus souple. - Goémon frisé Chondrus crispus : Se ramifie de façon régulière en bifurcations (« Y ») et présente fréquemment une iridescence bleutée/violette sous l'eau.Biotope / Habitat
Polyopes lancifolius est une espèce benthique fixée qui s'accroche aux rochers, aux blocs rocheux et parfois sur les coquilles de mollusques fermement ancrés. Elle occupe principalement le bas de la zone des marées (étage intertidal inférieur) et s'étend jusqu'à l'étage infralittoral peu profond. Elle apprécie les zones soumises à un hydrodynamisme moyen à battu. Son développement s'active principalement lors des saisons douces, la repousse s'effectuant à partir de son disque basal vivace ou par la libération de spores marines.Distribution
Aire d'origine : Océan Pacifique Nord-Ouest (notamment le long des côtes du Japon, de la Corée, de la Chine et de l'Extrême-Orient russe). Aire d'introduction : Atlantique Nord-Est, où elle s'est installée sur le littoral français (Bretagne, Golfe de Gascogne), dans la Manche et le long de certaines zones côtières britanniques.Les zones géographiques (BioObs)
Le statut
Invasive / EnvahissantePolyopes lancifolius est arrivée accidentellement en Europe, vraisemblablement en tant qu'espèce passagère liée aux transferts d'aquaculture d'huîtres Magallana gigas. Polyopes lancifolius est classée comme espèce exotique introduite à potentiel envahissant. En colonisant les rochers du bas de rivage, elle forme parfois des couverts denses. Cette occupation spatiale rapide entre en compétition directe pour la lumière et le substrat avec des algues rouges autochtones (comme Chondrus crispus ou Palmaria palmata). L'altération du couvert algal local peut modifier l'habitat et les ressources disponibles pour la microfaune de petits invertébrés marins locaux. Aucune mesure de protection juridique ne s'applique à Polyopes lancifolius. S'agissant d'une espèce introduite non autochtone à caractère potentiellement envahissant, elle fait plutôt l'objet d'un suivi scientifique d'observation afin de surveiller la progression de son implantation sur les côtes européennes.
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• in : DORIS, 23/01/2025 : Polyopes lancifolius (Harvey) Kawaguchi & Wang, 2002, https://doris.ffessm.fr/ref/specie/5032
• WoRMS : Guiry, M.D. & Guiry, G.M. (2026). AlgaeBase. World-wide electronic publication, National University of Ireland, Galway (taxonomic information republished from AlgaeBase with permission of M.D. Guiry). Polyopes lancifolius (Harvey) Kawaguchi & Wang, 2002. Accessed through: World Register of Marine Species at: https://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&id=376113 on 2026-07-18
• Algae Base : Polyopes lancifolius
• Kevin Hardouin, Romain Bouyer, Hugo Pliego-Cortés, Timothée Le Men, Stéphane Cérantola, et al.. Chemical characterization of the introduced red alga Polyopes lancifolius (Halymeniales, Rhodophyta) from the Gulf of Morbihan, France. Phycologia, 2022, 61 (6), pp.616-627. ⟨10.1080/00318884.2022.2117942⟩. ⟨hal-04333395⟩
• Mineur, Frederic & Clerck, Olivier & Roux, Auguste & Maggs, Christine & Verlaque, Marc. (2019). Polyopes lancifolius(Halymeniales, Rhodophyta), a new component of the Japanese marine flora introduced to Europe. Phycologia. 49. 86-96. 10.2216/09-45.1. Polyopes lancifolius
Les autres noms scientifiques (non valide)
• Gigartina lancifolia Harvey, 1860 • Grateloupia horrida Okamura, 1893 • Grateloupia lancifolia (Harvey) Okamura, 1899 • Grateloupia okamurae Yamada, 1941 • Sinkoraena lancifolia (Harvey) H.-B.Lee, J.A.Lewis, Kraft & I.K.Lee, 1997 • Sinkoraena lancifolia (Harvey) H.-B.Lee, J.A.Lewis, Kraft & I.K.Lee, 1998 • Sinkoraena okamurae (Yamada) H.-B.Lee, J.A.Lewis, Kraft & I.K.Lee, 199701/01/0000
Historique des modifications
• Création : Pascal COATNOAN le 16/08/202616/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
