Tritonie de Homberg Tritonia hombergii BioObs
Tritonie de Homberg
Tritonia hombergii
Auteur : Corine PicardPhoto prise le 28/05/2022 à Le rocher de l'Aber
Animaux
Mollusques
Gastéropodes Opisthobranches
Autres Opisthobranches
Description
La tritonie de Homberg détient le record du plus grand nudibranche des eaux atlantiques européennes, mais elle possède aussi des neurones si gigantesques que les scientifiques l'ont abondamment étudiée pour percer les mécanismes du cerveau et de la mémoire. Description observable à l'oeil nu Dimensions et silhouette : C'est un mollusque sans coquille au corps oblong, trapu et massif de section rectangulaire. Les adultes mesurent couramment entre 8 et 15 cm, certains spécimens atteignant 20 cm. Coloration et évolution : la teinte de l'animal varie considérablement selon son stade de maturité. Les juvéniles sont d'un blanc translucide ou laiteux (ce qui a longtemps conduit les naturalistes du XIXᵉ siècle à les classer à tort sous l'espèce distincte Tritonia alba. À l'âge adulte, la pigmentation s'assombrit pour prendre des nuances ocre, marron, violacées ou brun-orangé. Aspect de surface : Le manteau présente une texture très grumeleuse, couverte de protubérances verruqueuses. Sur le pourtour dorsal, les branchies forment de petits buissons denses rappelant l'aspect d'un feuillage ou d'un chou-fleur miniature. Clés et caractères d'identification rapide Gabarit hors norme : taille impressionnante pouvant atteindre 20 cm de longueur. Voile buccal frangé : présence d'un voile oral bilobé muni de multiples petites papilles allongées (jusqu'à 40). Branchies latérales arborescentes : rangées d'excroissances branchiales touffues, très découpées, alignées de chaque côté du dos. Rhinophores protégés : deux antennes sensorielles logées dans des fourreaux protecteurs, terminées par des plumets. Manteau pustuleux : épiderme recouvert de tubercules arrondis sécrétant un fluide répulsif. Reproduction : la période de ponte se déroule principalement au printemps et au début de l'été (d'avril à juillet). La ponte prend la forme d'un cordon gélatineux épais, enroulé en une spirale festonnée très caractéristique. De teinte blanchâtre à rose nacré, ce ruban d'oeufs est fermement ancré sur le substrat rocheux ou directement accroché aux colonies d'alcyonaires. Un seul ruban peut héberger plusieurs dizaines de milliers d'oeufs microscopiques. Après incubation, la ponte libère des larves véligères ciliées qui mènent une vie planctonique avant de se métamorphoser en jeunes limaces benthiques.Confusions possibles
- Candiella plebeia (ex-Tritonia plebeia) : Taille beaucoup plus réduite (maximum 3 cm). Présente un motif marbré brun-jaunâtre et un voile oral portant nettement moins de papilles. - Tritonie des gorgones Candiella odhneri : Corps plus fin et élancé (2 à 3 cm). Vit exclusivement fixée sur les gorgones (notamment Eunicella verrucosa) dont elle adopte la couleur exacte (rose, blanc ou orange). - Marionia gemmii : Espèce sud-atlantique et méditerranéenne pouvant atteindre une taille imposante, mais vivant prioritairement sur les gorgones oranges.Biotope / Habitat
Biotope : cette espèce benthique fréquente principalement les fonds rocheux, les zones de cailloutis et les parois ombragées de l'étage infralittoral et circalittoral, entre 10 et 80 mètres de profondeur. Comportement : solitaire et à déplacement très lent, la tritonie de Homberg passe la majeure partie de son temps sur ou à proximité immédiate de ses proies. En cas de menace extrême, elle est capable d'exécuter de vigoureuses ondulations corporelles pour se décoller du fond et fuir en nageant brièvement. Alimentation : carnivore hautement spécialisé, elle cible quasi exclusivement des cnidaires de la classe des alcyonaires (coraux mous). Son mets favori est l'alcyon jaune Alcyonium digitatum.Distribution
Espèce caractéristique de l'Atlantique Nord-Est. On la retrouve le long des côtes européennes, depuis les fjords de Norvège jusqu'au littoral de la péninsule Ibérique (Portugal), en passant par les îles Britanniques, la Manche et la mer du Nord. Sa présence en mer Méditerranée reste très marginale et sujette à débat taxonomique.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• GEORGEAULT Nathan, GIRARD Pascal, MÜLLER Yves in : DORIS, 03/02/2025: Tritonia hombergii Cuvier, 1803, https://doris.ffessm.fr/ref/specie/3825
• World Register of Marine Species Tritonia hombergii
• MarLIN : Heard, J.R. 2008. Tritonia hombergii A sea slug. In Tyler-Walters H. and Hiscock K. Marine Life Information Network: Biology and Sensitivity Key Information Reviews, [on-line]. Plymouth: Marine Biological Association of the United Kingdom. [cited 01-08-2026]. Tritonia hombergii
• Picton, B.E. & Morrow, C.C. (2016). Encyclopedia of Marine Life of Britain and Ireland Tritonia hombergii
• The Sea Slug Forum Tritonia hombergii
• OPK-Opistobranquis : Ballesteros, M., Madrenas, E. & Pontes, M. (2025) Tritonia hombergii
Les autres noms communs
• Allemagne : Große Tritonia • Allemagne : Hombergs Tritonia • Danemark : Stor tritonia • France : Tritonia de Homberg • Royaume-Uni : Dead Man's Finger Sea Slug • Royaume-Uni : Homberg's Tritonia • Royaume-Uni : Soft coral sea slug • Pays-Bas : Grote tritonia • Norvège : KorallsneglLes autres noms scientifiques (non valide)
• Sphaerostoma jamesonii MacGillivray, 1843 • Tritonia alba Alder & Hancock, 1854 • Tritonia atrofusca MacGillivray, 1843 • Tritonia conifera Dalyell, 1853 • Tritonia divaricata Dalyell, 1853 • Tritonia hombergi • Tritonia pustulosa Deshayes, 1853
Auteur : Corine PicardPhoto prise le 28/05/2022 à Le rocher de l'Aber
Auteur : Corine PicardPhoto prise le 28/05/2022 à Le rocher de l'Aber
28/05/2022
Historique des modifications
• Création : Maguelone GRATEAU le 20/09/2024 • Modification : Pascal COATNOAN le 03/08/202603/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
