Mye des sables Mya arenaria BioObs
Mye des sables
Mya arenaria
Auteur : François SichelPhoto prise le 15/07/2017 à Le Lezard
Animaux
Mollusques
Bivalves (ou Lamellibranches)
Description
Si vous vous promenez à marée basse sur une plage de sable vaseux et qu'un petit jet d'eau jaillit soudainement sous vos pieds, vous venez probablement de marcher au-dessus d'une Mya arenaria ! Ce mollusque dissimulé dans les profondeurs du sédiment cache une histoire fascinante : éteinte en Europe lors des dernières glaciations, l'espèce aurait été réintroduite sur les côtes européennes au XIIIᵉ siècle par les Vikings, qui l'auraient rapportée de leurs expéditions en Amérique du Nord bien avant l'arrivée de Christophe Colomb. Description observable à l'oeil nu La coquille de la mye des sables mesure en moyenne entre 8 et 12 cm de longueur (pouvant exceptionnellement atteindre 15 cm). La coquille de couleur blanc cassé, grisâtre ou jaunâtre est recouverte d'une fine cuticule protectrice (périostracum) brune à grisâtre qui s'effrite facilement après la mort de l'animal. Elle est relativement mince et cassante comparativement à d'autres bivalves de taille similaire. Lorsque le mollusque est vivant, on observe dépasser de la coquille un imposant siphon charnu, teinté de brun ou de noir, incapable de se rétracter entièrement à l'intérieur du test. À l'intérieur d'une valve gauche isolée, la grande plaque calcaire en forme de cuillère au niveau de la charnière constitue le critère visuel le plus frappant. Caractères et clés d'identification Forme générale de la coquille : valves de forme ovale à elliptique, nettement allongées et asymétriques aux extrémités. Bâillement postérieur : coquille incapable de se fermer complètement à l'arrière, laissant béante une ouverture permanente pour le passage du siphon. Présence d'un cuilleron (chondrophore) : Valve gauche dotée d'une forte projection calcaire interne saillante et horizontale sous le crochet. Charnière sans dents (petite saillie rigide) : absence de dents cardinales ou latérales marquées le long de la ligne de jonction des valves (charnière interne). Siphons volumineux et fusionnés : siphons doublement soudés sur toute leur longueur et enveloppés d'une gaine épidermique sombre. Stries de croissance concentriques : surface externe marquée par de fins anneaux de croissance parallèles sans rayons radiaux prononcés.Confusions possibles
- Mye tronquée Mya truncata : Elle se distingue par sa coquille plus courte dont l'extrémité postérieure paraît nettement coupée droit (tronquée) et non arrondie de manière régulière comme chez Mya arenaria . - Lutraire elliptique Lutraria lutraria : Elle possède une coquille plus allongée et oblongue avec des bords plus parallèles, des siphons mouchetés et une charnière comportant des dents cardinales distinctes. - Pholade dactyle Barnea candida : Elle présente une coquille garnie de reliefs et de petites dents rugueuses créant une texture râpeuse destinée à forer le bois ou l'argile dure, contrairement aux stries lisses de la mye. Palourdes et clams (Mercenaria mercenaria, Ruditapes decussatus) : Leurs valves se ferment hermétiquement sans aucun bâillement postérieur et leurs siphons se rétractent complètement à l'intérieur de la coquille.Biotope / Habitat
Endobenthique et fouisseuse profonde, la mye des sables vit enfouie dans des sédiments meubles (sable vaseux, limon ou graviers fins) jusqu'à des profondeurs allant de 20 à 90 cm sous la surface du fond marin. On la retrouve principalement dans l'étage intertidal (zone des marées) et dans les fonds peu profonds des estuaires et baies. L'animal consolide son terrier vertical à l'aide d'une sécrétion de mucus. Très tolérante aux variations de salinité et de température (espèce euryhaline et eurytherme), elle s'adapte parfaitement aux milieux estuariens saumâtres. Lorsqu'elle est dérangée ou comprimée à marée basse, elle rétracte brusquement son siphon, expulsant un jet d'eau vertical par les orifices du sédiment. Mode d'alimentation Mya arenaria est un organisme microphage filtreur. Elle étend son long siphon fusionné jusqu'à l'interface eau-sédiment pour aspirer l'eau de mer. Les particules organiques en suspension, le phytoplancton (diatomées, micro-algues) et le zooplancton microscopique sont retenus par ses larges branchies ciliées qui acheminent ensuite la nourriture vers la bouche. L'eau filtrée est ensuite rejetée par l'orifice exhalant du siphon.Distribution
Originaire des côtes de l'Atlantique Nord-Ouest (du nord du Canada jusqu'aux côtes sud des États-Unis), la mye des sables est désormais largement établie sur l'ensemble des littoraux de l'Atlantique Nord-Est, de la mer du Nord, de la Manche et de la mer Baltique. Elle est également présente de façon plus ponctuelle en Méditerranée et en mer Noire. Introduite au XIXᵉ siècle sur la côte Pacifique de l'Amérique du Nord, elle s'y est naturalisée de la Californie jusqu'en Alaska.Les zones géographiques (BioObs)
Espèce évaluée sur Liste Rouge
Le type d'observation
Les sources
• LE GRANCHÉ Philippe, DAMERVAL Marc in : DORIS, 09/03/2026 : Mya arenaria Linnaeus, 1758, https://doris.ffessm.fr/ref/specie/2048
• WoRMS : MolluscaBase eds. (2026). MolluscaBase. Mya arenaria Linnaeus, 1758. Accessed through: World Register of Marine Species at: https://www.marinespecies.org/aphia.php?p=taxdetails&id=140430 on 2026-07-26
• Chevarie, L., Myrand, B., Tremblay, R. 2021. Biologie de la mye commune (Mya arenaria) et guide d’élevage. Merinov, guide no 21-01. 60 pages Mya arenaria
• MarLIN: Tyler-Walters, H., 2003. Mya arenaria Sand gaper. In Tyler-Walters H. Marine Life Information Network: Biology and Sensitivity Key Information Reviews, [on-line]. Plymouth: Marine Biological Association of the United Kingdom. [cited 05-08-2026]. Available from: https://www.marlin.ac.uk/species/detail/1404
Les autres noms communs
• Allemagne : Große Sandklaffmuschel • Allemagne : Sandklaffmuschel • Allemagne : Schlickauster • Danemark : Almindelig sandmusling • Espagne : Almeja de can • Espagne : Leito ama • Finlande : Hietasimpukka • France : Bec de jar (beudja • France : Bedjar ou betja) dans le Morbihan ou en Charente-Maritime • France : Clanque (Normandie • France : Gironde) • France : Lacogne • France : Mye commestible (Canada). • France : Mye commune • France : Patagot ou clauque dans le Sud de la France • France : Piché dû (Bretagne) • France : Pied de sabot • France : Pisse-en-l'air • France : Quatre moines • Royaume-Uni : Ipswich clam • Royaume-Uni : Long-neck gaper • Royaume-Uni : Sand-gaper • Royaume-Uni : Soft-shelled clam • Royaume-Uni : Steamer clam • Italie : Cappa molle • Italie : Vongola molle • Pays-Bas : Piep mossel • Pays-Bas : Strandgaper • Portugal : Clame-da-areia • Suède : Spetsig sandmusslaLes autres noms scientifiques (non valide)
• Arenomya arenaria (Linnaeus, 1758) • Mya (Arenomya) arenaria Linnaeus, 1758 • Mya (Arenomya) arenaria oonogai Makiyama, 1935 • Mya acuta mercenaria Say, 1822 • Mya acuta Say, 1822 • Mya alba Agassiz, 1839 • Mya arenaria var. corbuloides Comfort, 1938 • Mya arenaria var. ovata A. S. Jensen, 1900 • Mya communis Megerle von Mühlfeld, 1811 • Mya declivis Pennant, 1777 • Mya elongata Locard, 1886 • Mya hemphilli Newcomb, 1874 • Mya mercenaria Say, 1822 • Mya oonogai Makiyama, 1935 • Mya subovata S. Woodward, 1833 • Mya subtruncata S. Woodward, 1833 • Sphenia ovoidea P. P. Carpenter, 186515/07/2017
Historique des modifications
• Création : Pascal COATNOAN le 07/08/202607/08/2026 Un commentaire ou une erreur sur cette fiche espèce : Cliquer ici !
